Les dessous de la démission de François Muamba

La démission fracassante de François Muamba, le représentant du gouvernement dans les pourparlers avec le Mouvement du 23 mars (M23), dernier avatar des rébellions, à dominance tutsi, soutenues par le Rwanda et l’Ouganda dans l’est de la RDC, continue à faire jaser.

On s’y attendait le moins du monde, surtout au regard des velléités récemment affichées par les ex-miliciens du M23 de reprendre la lutte armée, s’estimant être lésés dans l’exécution des engagements conclus avec Kinshasa visant à sceller la fin des hostilités. François Muamba a pris tout le monde de court en annonçant le 14 juillet sa démission du poste de coordonnateur du mécanisme national de suivi des « déclarations de Nairobi » signées par Kinshasa et le M23 fin décembre 2013.

Dans la correspondance adressée au chef de l’Etat, il choisit ses mots, laisse transparaitre son esprit républicain et y va avec tact pour ménager certaines susceptibilités. « En ce moment où je prends congé de mes fonctions, je mesure la portée, et vous remercie, de votre volonté républicaine de m’avoir d’abord impliqué dans les négociations dites de Kampala,- au moment où le pays était agressé de l’extérieur-, et ensuite, le suivi de la supervision de la mise en œuvre de l’Accord-cadre subséquent, alors que je n’appartiens pas à votre famille politique », écrit-il.

Le désormais ex-coordonateur du MNS indique respecter les choix du chef de l’Etat et assumer pleinement les siens après avoir, dit-il, « pris la mesure du temps et des circonstances que notre pays vit en cette année cruciale 2016 ».  Qu’est-ce qui cache cette démission ? Les spéculations vont bon train. Les tribulations des dernières heures, la perspective du dialogue et surtout les incertitudes qui caractérisent la gestion politique immédiate du pays en seraient-ils pour quelque chose ? Dieu seul sait.  « Lorsqu’on ne partage plus les mêmes convictions, on se sépare (…) Par ce geste, j’ai invité le chef de l’Etat à respecter la Constitution », a-t-il déclaré à l’AFP, sans plus de précisions.

Pour rappel, après dix-huit mois de guérilla au Nord-Kivu, le M23 alors vaincu par les FARDC appuyées par la Monusco, avait signé avec Kinshasa à Nairobi des déclarations d’engagement ouvrant ainsi la voie au rapatriement de la plupart des combattants du Mouvement en vue de leur réinsertion dans la vie civile, au retour de plusieurs centaines de milliers de réfugiés congolais et à la résolution des questions foncières et ethniques à l’origine de la violence qui déchire l’Est de la RDC depuis plus de vingt ans. À l’arrivée, force a été de constater que l’amnistie n’avait pas résolu le problème du rapatriement des ex-M23, dont une grande partie tarde encore à regagner leur pays.

Avec ADIAC

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