La Corée du Nord vole au secours du général Kanyama?

Une note verbale datée du 1er juillet 2016 témoignant un soutien total du régime Nord-coréen au Général Kanyama, qui émanerait – le conditionnel doit être de rigueur – de l’ambassade de la République Populaire et Démocratique de Corée à Kinshasa, circule sur les réseaux sociaux.

La Corée communiste. Le destinataire n’est autre que le général Célestin Kanyama, patron de la police kinoise, qui se trouve dans le viseur département du Trésor américain. La diplomatie nord-coréenne accuse Washington d’ingérence dans les affaires congolaises alors que les policiers US qui tuent les Noirs innocents restent impunis. Ci-après, les deux paragraphes tels quels.

 

Ingérence US

Après les compliments classiques chers aux diplomates, on peut lire que l’ambassade nord-coréenne « a l’honneur de l’informer de sa « contradiction (sic !) avec des sanctions financières contre le général Célestin Kanyama, (…), prises par les Etats Unis d’Amérique qui, considérant les ingérences dans les affaires d’autres pays comme leurs façons de l’existence, protègent leurs policiers meurtriers en plein jour, au lieu de les punir ».

L’ambassade nord-coréenne de poursuivre : « Tout en accusant les sanctions des Etats-Unis contre le général Célestin Kanyama de l’empiétement flagrant sur la souveraineté du gouvernement et du peuple congolais indépendants, le gouvernement de la République populaire et démocratique de Corée réitère sa position fondamentale de renforcer le soutien et la solidarité avec le gouvernement et le peuple de la République démocratique du Congo dans la lutte contre toutes les sanctions illégales et illicites des Etats-Unis ».

On le sait, le département du Trésor américain a annoncé en date du 23 juin l’application de sanctions contre le patron de la police kinoise, le général Célestin Kanyama Cishiku. Celui-ci est accusé d’être responsable des violences et des disparitions au cours de ces dernières années à Kinshasa. Une allusion à l’opération « Likofi ». « En conséquence, les avoirs de cet officier sont gelés aux Etats-Unis, édictait ce département. Il est interdit à toute entité américaine d’effectuer des transactions avec lui ».

Le soutien que l’ambassade nord-coréenne aurait apporté au général Kanyama est sans précédent dans l’histoire des relations diplomatiques. Les ambassades et les consulats ne sont pas autorisés à traiter directement avec les ministères et autres services techniques. Toutes leurs correspondances avec ceux-ci doivent transiter par le ministère des Affaires étrangères du pays d’accueil.

Le régime de Pyong Yang et celui de Pékin ont la réputation de fermer les yeux sur les violations des droits humains et l’absence de démocratie dans les pays où ils font des « affaires ». Reste que la «sortie médiatique» de l’ambassade nord-coréenne à Kinshasa semble confirmer le caractère particulier des liens que le pays du « Cher leader » a tissé avec le Congo démocratique. Et ce depuis Laurent-Désiré Kabila à ce jour. « L’AFDL a pris le pouvoir le 17 mai 1997 au moment où le Zaïre de Mobutu était encore sous embargo ». L’homme qui parle est un officier de renseignements joint à Kinshasa pour analyser la démarche nord-coréenne. « Lors de la guerre entre Kinshasa et les mouvements rebelles nés après août 1998, ce sont les Coréens du Nord qui fabriquaient des bombes artisanales que l’armée congolaise lançaient contre les combattants du RCD et du MLC ».

Par B.A.W/CI

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire