Deux des principaux leaders de l’opposition congolaise se sont retrouvés ce mercredi 6 juin à Bruxelles. Une nouvelle rencontre entre le vieux patron de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, devenu le chantre du Rassemblement de l’opposition, et l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, le candidat à la présidentielle qui suscite le plus de crainte dans les rangs de l’actuelle majorité au pouvoir en République démocratique du Congo.

Entre ces deux-là, le courant est au beau fixe. « Etienne Tshisekedi est le président du comité des sages du Rassemblement », explique Moïse Katumbi qui en profite pour rappeler que «le président Thisekedi s’est battu pendant de longues années pour le multipartisme dans notre pays ».

Etienne Tshisekedi, toujours avare de grandes déclarations, élève quelque peu la voix pour être certain d’être bien entendu. « Les procédures judiciaires entamées contre Moïse Katumbi, ce sont des parodies de justice. »

Le deux hommes semblent s’être promis de se revoir bientôt sur le sol national. « Le président Tshisekedi a annoncé la tenue d’un grand meeting le 31 juillet prochain », enchaîne Moïse Katumbi. « Je rentrerai peut-être avec lui ou alors je serai présent pour l’accueillir à l’aéroport de Kinshasa ».

Une déclaration qui surprend. Moïse Katumbi vient d’être condamné à une peine de trois ans de prison dans une affaire de spoliation d’un bien réclamé par un ressortissant grec. « J’ai ma conscience tranquille. Les juges qui m’ont condamné dans ce dossier qui ne tient pas la route devraient bien réfléchir. Je ne vais pas intenter d’action contre eux pour l’instant parce que le droit n’existe plus, malheureusement, dans notre pays. Mais un jour, très prochain, notre Congo redeviendra un Etat de droit et ce jour-là, je demanderai des comptes. En attendant, j’invite tous les Congolais à se rendre à l’aéroport pour accueillir le président Tshisekedi quand il reviendra au pays. »

Aujourd’hui, à un peu plus de cinq mois de la date inscrite dans la Constitution pour la tenue du scrutin présidentiel, faut-il tirer un trait sur ce rendez-vous avec les urnes faute de moyens et de préparation ? « Non, tonne Moïse Katumbi. La Ceni et son président M. Nangaa ont l’obligation constitutionnelle de convoquer les élections le 19 septembre au plus tard. Nous n’accepterons aucun dépassement. Le peuple congolais va reprendre le pouvoir qu’il a donné à M. Kabila.»

Les deux hommes ont rappelé leur fierté de voir l’opposition congolaise unie pour obtenir le respect de la Constitution. Un dialogue est-il toujours possible en RDC entre les différents acteurs de cette crise annoncée ? « Uniquement dans le cadre de la résolution 2277 des Nations unies qui insiste sur le respect de la Constitution et donc du départ de Monsieur Kabila le 19 décembre », rappelle un membre du G7.

Avant de partir, Moïse Katumbi lance encore. « J’ai démissionné de mon poste de gouverneur et je constate qu’il y a une vie après cette démission. M. Kabila doit comprendre qu’il y a une vie après la présidence. Il a encore la possibilité de sortir par la grande port. Dans le cas contraire… »

Avec la Libre