Manifestations du 31 juillet: un piège contre Kabila?

La nouvelle plateforme de  l’opposition dénommée le « Rassemblement», a appelé à des manifestations populaires le 31 juillet, dans tout le pays. Objectif, exiger la tenue dans les délais constitutionnels de l’élection présidentielle. Un piège pour le président Joseph Kabila partagé entre réprimer pour écoper de nouvelles sanctions américaines et laisser faire avec le risque d’une insurrection populaire.

Mwando Charles l’un des cadres de la plateforme du regroupement de l’opposition, baptisée le « Rassemblement», un regroupement des partis du G7, était face à la presse ce 04 juillet à Kinshasa. Cette plateforme de l’opposition soutenant la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle de novembre 2016, a annoncé « des manifestations sur l’ensemble du pays » pour le 31 juillet 2016. L’objectif ici, est de dire au monde entier que, « les congolais tiennent à leur constitution et ne veulent plus de régime tyrannique », a ajouté Charles Mwando qui s’exprimait face aux médias.

Le piège de l’opposition

Le plan de la plateforme d’opposition dénommée le « Rassemblement » revêt un énorme piège pour le président Joseph Kabila. Un piège du moment où les deux choix qui s’offrent au président congolais sont tous porteurs de risques. Kinshasa a le choix entre la répression et le laisser-faire. Dans le premier cas, Joseph Kabila s’expose à des sanctions ciblées des Américains comme c’était le cas il y  a quelques semaines  envers des responsables congolais comme le général Célestin Kanyama, chef de la police kinoise. Des sanctions en lien avec une répression policière contre une tentative de modification de la loi électorale en janvier 2015 soldée par la mort d’au moins 40 personnes. Une autre répression ne fera qu’envenimer les relations déjà tendues entre Washington et Kinshasa. La seconde option de Joseph Kabila consistera à laisser faire.

Le risque ici est une insurrection populaire et à la clé un départ forcé du président congolais comme le scénario du 31 octobre 2014 au Burkina Faso. Déjà, la lutte pour le changement (Lucha), organisation de la société civile bien informée des succès de « Y en a marre » du Sénégal et du « Balai citoyen » du Burkina-Faso, ne ménagera aucun effort pour qu’un renversement « en douce » de Joseph Kabila. Voilà les deux options à risque qui s’offrent à l’homme fort de Kinshasa. Dans l’un comme dans l’autre cas, le président congolais devra marcher sur des œufs.

La RDC traverse depuis quelques mois une crise politique sans précédent. L’opposition accuse la majorité présidentielle, de vouloir confisquer le pouvoir. Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et qui selon la constitution, ne peut plus se représenter, est accusé de vouloir tripatouiller la loi fondamentale, pour s’éterniser au pouvoir.

La constitution prévoit d’organiser la présidentielle, trois mois avant la fin du mandat. En mai dernier, la cour constitutionnelle, avait autorisé le président à rester au pouvoir au delà de 2016 si  le scrutin présidentiel n’était pas organisé avant la fin de l’année.  Toutefois, aucune date n’est encore officiellement fixée. Le président  congolais a annoncé le début du processus électoral, courant juillet 2016.

Christophe SESSOU

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