A Kinshasa, le mystère des corps de la rivière Ndjili

DIRECT.CD — Personne dans la capitale congolaise ne sait exactement d’où proviennent les corps repêchés par les autorités provinciales dans la rivière Ndjili, à l’Est de la ville, au point de rappeler les souvenirs du fameux dossier de fosse commune à Maluku.

Tous ces corps portaient des traces de violence,  : visages tuméfiés pour certains, un bras cassé pour l’un et des habits déchirés, rapporte notamment la Radio France Internationale (RFI).

« Phénomène ordinaire », a dit Douglas Nkulu, le bourgmestre de la commune de Limete. Selon lui, ce spectacle est régulier dans ce cours d’eau qui vient de la province du Kongo central, et qui charrie des cadavres humains et ceux des animaux. Mais certains habitants de Kinshasa pointent du doigt les Kuluna, ces gangs des quartiers dont on dénonce le retour en force dans la capitale.

L’ONG « Amour et Vérité » et des éléments de la Croix-Rouge de la RDC se sont rendus sur les lieux. C’est par leurs soins que les corps ont été transférés à la morgue de l’hôpital général Mama Yemo après les formalités de police.

Néanmoins, selon des témoins sur place, une des victimes avaient encore dans ses poches un billet de 500 francs congolais et deux téléphones portables. Ce qui refroidit la piste de gangs de rue (Kuluna), qui ont pour objectif premier de dépouiller leurs victimes de tout bien matériel.

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Kisnahsa est hantée ce genre de décourverte depuis celle d’une fosse commune à Maluku en 2015.

En effet, dans la nuit du 18 au 19 mars 2015, les forces de sécurité ont enterré, à Maluku, des corps dans une fosse commune en lisière d’un cimetière. Le gouvernement a reconnu que 421 corps avaient bien été inhumés à cet endroit, les corps d’indigents dont les familles n’avaient pas les moyens de financer les funérailles, de cadavres non identifiées ou des bébés mort-nés. Mais cette version des faits ne satisfait ni la communauté internationale, ni les défenseurs des droits de l’homme. Certaines familles dont les proches avaient disparu pendant les manifestations de janvier 2015 et l’opération de police Likofi, avaient décidé de porter plainte et continuent aujourd’hui d’exiger que justice soit faite.

Avec RFI

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