DIRECT.CD — Dans une interview diffusée ce soir au journal Belge “Le Libre”, l’opposant congolais affirme que le gouvernement a “tenté de l’assassiner”

L’ancien gouverneur du Katanga est en Europe pour recevoir des soins. La justice congolaise l’a condamné à trois ans de prison pour spoliation de biens. Il reste candidat à la présidence et déterminé à obtenir le départ de Joseph Kabila en décembre. Entretien.“La

Justice congolaise se ridiculise”

Moïse Katumbi focalise toutes les attentions en République démocratique du Congo, même quand il n’est pas présent sur le territoire national. Homme d’affaires, propriétaire d’un des plus grands clubs de football du continent africain, ex-gouverneur de la province du Katanga et aujourd’hui candidat à la présidentielle qui devrait, selon la Constitution, se dérouler le 27 novembre prochain, Moïse Katumbi est actuellement en Europe pour recevoir des soins suite aux coups reçus lors d’une véritable bataille rangée entre la police et ses partisans.

Monsieur Katumbi, depuis l’annonce de votre candidature à la présidentielle, le 4 mai dernier, vous vous êtes fait très discret. Toujours partant pour la présidentielle ?

Je suis candidat. Plus que jamais.

Vous venez pourtant d’être condamné dans une affaire de spoliation de biens, à trois ans de prison, ce qui pourrait vous rendre inéligible ?

Cette condamnation est une farce et le peuple congolais ne s’y trompe pas. Il a compris qu’il s’agissait d’un procès politique et ce n’est pas la note de plaidoirie des avocats de la partie adverse qui va me faire changer d’avis. Dans ce document, le plaignant demande lui-même mon inéligibilité. Surréaliste !

En fait, on vous accuse d’avoir volé un immeuble qui aurait appartenu à une ressortissante grecque.

Que les choses soient claires. Ce bien ne m’appartient pas. C’est mon grand frère, Raphaël Katebe Katoto, qui l’a acheté à cette dame en 1976. Il n’y a jamais eu de plainte à ce sujet jusqu’à ce qu’un héritier se réveille subitement après que je me sois déclaré candidat. Mon grand frère a tous les titres de propriété. Quand l’affaire a éclaté, j’étais en Europe pour recevoir des soins, avec l’autorisation du procureur général de la République. La juge de Lubumbashi n’avait donc pas à se saisir de l’affaire et à me condamner par défaut. Nous allons en appel et s’il reste ne fût-ce qu’une infime notion de droit à notre Justice, on me donnera raison.

Vous êtes en Europe pour recevoir des soins suite à ce que vous appelez des violences policières dans le cadre d’un autre dossier à votre charge, celui du recrutement de mercenaires.

Il s’agit bel et bien de violences policières. Dans ce dossier, j’ai été accusé par le ministre de la Justice d’avoir recruté 600 mercenaires. Quelques jours plus tard, dans une interview à la RTBF, le même ministre parlait de 12 mercenaires. Finalement, il n’y a eu qu’une arrestation et cette personne a même été relâchée et vit tranquillement chez elle aux Etats-Unis. La Justice congolaise se ridiculise sous la pression du pouvoir.

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