L’opposant charismatique annonce son come-back au pays pour bientôt. Doit-on s’attendre, pour le coup, à la tenue effective du dialogue ou au contraire, craindre une exacerbation de la tension politique?

«Mon retour au pays ayant été reporté â plusieurs reprises pour besoin de la lutte que je poursuis avec vous dans l’intérêt du pays, je vous annonce que je regagne Kinshasa très bientôt pour que, grâce au concours de tous, nous prenions non seulement notre destin en mains, mais aussi pour que nous ayons un processus électoral non entaché d’irrégularités, de fraudes et des manœuvres tendant à pérenniser le pouvoir actuel et ses hommes rejetés par notre peuple », a annoncé le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dans son dernier message à l’occasion du 56ème anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo.

Etienne Tshisekedi a, en outre, annoncé un grand meeting le 31 juillet prochain du « Rassemblement pour la défense des valeurs de la République », plateforme politique née des entrailles du conclave de Genval dont il chapeaute.

En Europe depuis plusieurs mois à cause d’un problème de santé, le lider maximo annonce enfin son retour. Un retour qui devrait normalement intervenir au courant de ce mois, avant le meeting du Rassemblement. Mais ce come-back du vieil opposant peut déclencher des choses dans un sens comme dans un autre. Soutenant la tenue d’un dialogue national, mais sous la surveillance millimétrée de la communauté internationale (délégués des Etats-Unis, des Nations-unies, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne et de l’Organisation internationale de la Francophonie) malgré une opinion congolo-congolaise développée par le pouvoir, le Sphink de Limete voudrait avoir des garanties. Comme l’organisation dans le délai constitutionnel de l’élection présidentielle et du départ de Joseph Kabila du pouvoir « au mieux des cas le 20 décembre 2016 ».

Son retour au pays peut avoir un effet accélérateur du dialogue. On pourrait voir enfin ces discussions nationales démarrer après plus d’une année de tergiversations.

Mais à l’inverse, la présence du vieil opposant au pays, toujours aussi acerbe dans ses déclarations contre le pouvoir en place, pourrait exacerber la tension politique qui monte déjà d’un cran à l’approche de la fin du dernier mandat d’un Kabila qui reste muet sut son destin politique. Déjà, si avant l’organisation du meeting du Rassemblement, le dialogue n’est pas tenu, il faut craindre que le climat politique soit tendu. Ce qui, comme bien souvent, pouffait amener ceux qui ont la force publique en main d’interdire cette manifestation.

Si le régime en place a critiqué sévèrement la tenue du conclave de Genval, parlant d’une « atteinte à la souveraineté du pays », il n’est pas gagné que ce même régime pourrait foutre la paix aux opposants qui chercheront à gagner encore plus des points à travers ce meeting. A moins que les sanctions américaines contre le général Célestin Kanyama accusé de « réprimer des manifestations publiques », tempèrent les ardeurs des autorités congolaises. C’est donc un mois de juillet qui peut réserver beaucoup de surprises quant à l’évolution de la situation politique. A moins que Tshisekedi puisse une fois de plus, ajourner à plus tard son retour au pays.

Par Katz