Le général Célestin Kanyama, chef de la police kinoise a été officiellement sanctionné par les Etats-Unis d’Amérique. Cette annonce ciblée et cette punition tout à fait personnalisées plonge la relation entre le régime de Kinshasa et Washington dans une nouvelle dimension. Explication.

Les responsables du trésor américain guettent, depuis un certain temps, les responsables congolais au plus haut niveau, qu’ils soupçonnent fortement de vouloir expressément gripper, voire étouffer le processus démocratique, par une volonté manifeste de confiscation du pouvoir.

Se faire entendre autrement

Conséquemment, après avoir à plusieurs reprises indiqué leur opposition à toute éventualité d’un troisième mandat pour le président Joseph Kabila, dont la persistance silencieuse à se maintenir à la tête du pays, pour une période qui semble pratiquement indéterminée, est de plus en plus marquée. En réaction, les Etats-Unis qui suivent particulièrement l’évolution socio-politique de ce pays-continent, ont décidé de se faire entendre autrement, en frappant là où cela pourrait faire très mal aux acteurs de la crise congolaise.

Le Trésor public américain par ses sanctions ne fait que traduire l’exaspération du gouvernement américain, devant l’attitude entêtée du pouvoir de Kinshasa. A leur avis « le régime s’est engagé dans un schéma de répression incluant l’arrestation de membres de l’opposition et la répression violente de protestations politiques pour éviter que les élections nationales se tiennent dans les délais.»

La politique du porte-monnaie

Pour en arriver à décider de ‘’geler’’ les avoirs aux Etats-Unis du général Célestin Kanyama et à interdire à leurs concitoyens  tout droit « d’effectuer la moindre transaction avec le chef de la police de Kinshasa», et à considérer cela comme « un message clair » ; il est évident à nos yeux, qu’au-delà d’un acte purement symbolique, les montants en jeu doivent être certainement très très importants, pour requérir une sanction de cette importance.

En utilisant la politique du porte-monnaie Washington rappelle à Kinshasa, la vaste gamme de sanctions, qu’il pourrait déclencher à tout moment, malgré les protestations souverainistes du régime Kabila, pour l’empêcher d’atteindre ses objectifs politiques.