Jean-Pierre Bemba condamné à 18 ans de prison par la CPI

La Cour pénale internationale a condamné à 18 ans d’emprisonnement Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président congolais reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité et personnalité la plus haut placée à être condamnée par la CPI jusqu’à présent.

« Une victime a été violée par deux soldats, sous le regard d’autres soldats qui, je cite, « criaient de joie’, et a ensuite été violée par quatre soldats, puis la victime s’est évanouie, avant d’être violée ensuite par d’autres soldats, douze au total », rappelle la juge de la Cour pénale internationale lors de la dernière audience de l’ancien président congolais Jean-Pierre Bemba.

Mardi, la Chambre de la Cour pénale internationale a déclaré Jean-Pierre Bemba coupable et condamné à 18 ans d’emprisonnement, moins les années de détention déjà effectuée. Arrêté en 2008, le condamné a déjà passé 8 années en prison. Il aura donc 10 ans à purger.

La majorité des juges ont reconnu tous les viols perpétrés par les soldats de la MLC (Mouvement de libération du Congo) en Centrafrique, utilisés comme armes de guerre d’une « grande cruauté », ce qui a constitué « une circonstance aggravante ».

Les pillages ont également été reconnus et condamnés tout aussi sévèrement car ces actes étaient très souvent accompagnés par « des meurtres et des viols » de familles entières.

Jean-Pierre Bemba, le chef militaire

Riche homme d’affaires devenu chef de guerre, Jean-Pierre Bemba a été déclaré coupable le 21 mars de la vague de meurtres et de viols commis par sa milice en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

Quelques jours avant que la peine ne soit prononcé, l’équipe de défense de M. Bemba avait annoncé son intention de faire appel de ce verdict et a demandé la cassation du procès.

D’après l’avocat Peter Haynes, M. Bemba, dont les droits en tant qu’accusé « n’ont été à aucun moment respectés », a été reconnu coupable « sur base de spéculations » dans une « affaire qui était profondément incohérente, invraisemblable dans les faits, et basée sur une évaluation sélective et souvent imparfaite des preuves ».

À noter, aucune circonstance atténuante n’a été retenu par la Cour.

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