Crise pétrolière : le rêve Congolais de l’Angola s’effrite

Le rêve angolais de congolais prend du plomb dans l’aile. Depuis un certain temps, les échos en provenance de la capitale angolaise font état d’une situation économique difficile avec une devise angolaise, le Kwanza, la monaie locale,  se dévalorise chaque jour un peu plus face au dollar américain. Selon quelques Congolais de retour au pays, la fermeture de certaines entreprises et grandes surfaces à Luanda est un indicateur infaillible de l’ampleur de la crise que traverse l’Angola avec la chute des cours mondiaux du pétrole.

Avec un budget de 66 milliards de dollars américains, l’Angola avait réussi à se hisser au troisième rang africain. Mais la formidable santé de son économie avait un secret : le pétrole. Tout a changé avec la chute des cours mondiaux du brut. « Beaucoup de pays pétroliers africains ne s’imaginaient pas que la situation allait s’étendre sur une longue durée. Tout en investissant massivement dans la modernisation du pays, l’essentiel n’a pas été fait. Il s’agit de réduire la dépendance à une seule matière première », explique un expert. L’Angola est également le deuxième producteur africain d’or mais la conjoncture internationale n’est pas favorable pour les matières premières.

Interrogé sur les raisons de son départ de Luanda, Fellix, un commerçant congolais, ne mâche pas ses mots : » Chaque jour, une entreprise ferme. Notre argent en devise américaine nous est rendu par les banques en kwanza, la monnaie nationale qui perd chaque jour de sa valeur. Même pour partir, je n’ai pas pu vendre mes histoires. Qui va les acheter ? Chacun cherche à garder son argent. Aujourd’hui, je ne suis plus en mesure d’acheter une télévision comme la mienne car son prix a triplé à Luanda » .  On estime que le kwanza a perdu 35% de sa valeur face au dollar en une année. Le problème de liquidité se pose avec acuité dans les banques angolaises à cause de la balance de paiement déficitaire et de la baisse des ressources extérieures. Et le marché noir tourne à présent à plein régime. Pour avoir le dollar américain, il faut payer le prix fort.

Pour l’heure, le mouvement de retour des Congolais reste mesuré. « Même pour rentrer, il faut plus de 200 dollars américains. Mais où peut-on les avoir et surtout à quel prix ? Le kwanza n’arrête pas de perdre sa valeur, il faut un montant astronomique pour trouver 200 dollars dans le marché noir », a-t-il poursuivi.  Mais il y a une chose qui inquiète plus que tout. « Beaucoup ont peur de vivre le schéma à la sudafricaine où l’étranger est indexé comme celui qui apporte le malheur. Pour l’instant, je peux vous affirmer que je n’ai enregistré aucun acte xénophobe contre moi », a-t-il conclu. Nous y reviendrons.

Laurent Essolomwa

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