Au grand dam de leurs clients, les firmes de télécommunications opérant en RDC ont revu à la hausse leur tarif jusqu’à grimper de 35% à 500% pour certains forfaits.

Depuis l’envolée brutale des prix des services de télécommunication, le 17 mai dernier, la grogne est perceptible auprès de nombreux consommateurs de ces différents produits.

La colère est montée d’un cran, d’autant plus que cette hausse vertigineuse a des implications socio-économiques évidentes sur certaines activités qui utilisent l’internet, notamment la presse en ligne, les études à distance, le transfert d’argent, les réseaux sociaux.

Cette inflation des prix ayant intervenu sans que les consommateurs ne soient prévenus au préalable, certains y ont vite vu une volonté du gouvernement de restreindre l’espace de liberté d’expression en cette période de turbulences politiques. Thomas Luhaka, vice-Premier ministre et ministre en charge de PT-NTIC, a beau crié qu’il n’en est rien, personne n’ose le croire.

Il sied de rappeler qu’en matière de fixation de prix, le gouvernement n’intervient qu’en ce qui concerne l’eau, l’électricité, le carburant et le transport public. S’agissant de la hausse intervenue dans le secteur de télécommunication, certains analystes bien outillés en la matière estiment que le VPM Thomas Luhaka a failli à sa mission dans la mesure où, il revient à son ministère normalement d’émettre un avis avant le changement de tarif. Par ailleurs, pour protéger les consommateurs contre tout abus, son ministère dispose d’un instrument qui fait la police, à savoir l’ARPTC.

Thomas Luhaka avoue avoir lui-même été surpris par cette augmentation de prix, n’ayant pas été informé d’avance. Faux rétorquent ses pourfendeurs qui, à défaut d’y voir un aveu d’impuissance, l’accusent de vouloir se laver les mains en rejetant la responsabilité aux seuls opérateurs de télécommunication.

Quoi qu’il en soit, Thomas Luhaka semble s’être remis en selle en mettant en place une équipe d’experts de son ministère chargée d’étudier les tarifs des prix pratiqués depuis un certain temps par les entreprises de télécommunication. C’est ce qui ressort de la rencontre qu’il a eu le mardi 14 juin 2016 avec les principaux responsables des firmes des télécommunications.

Selon les informations en notre possession, un expert de la Banque mondiale est attendu dans les prochains jours à Kinshasa toujours dans le but d’étudier les éléments tarifaires des prix pratiqués de manière de vérifier leur conformité aux principes de tarification définis par l’ARPTC.

Sans nul doute, cela permettra de garantir les prix justes des services des télécommunications en tenant compte des charges évoquées par les opérateurs de télécommunications, qui souvent se plaignent de recourir aux groupes électrogènes, la SNEL n’étant pas capable de leur fournir l’énergie électrique 24h sur 24.Ce qui augmente leur charge.

Théodore Ngangu/MMC