Le vieil opposant congolais Etienne Tshisekedi wa Mulumba est en passe de réussir un pari, celui de rassembler une bonne partie des ténors de l’opposition au président Joseph Kabila la semaine prochaine à Bruxelles pour tenter de l’unifier, à l’approche d’échéances électorales incertaines en République démocratique du Congo (RDC). 

Après moult tergiversations, l’une des composantes de l’opposition, la Dynamique de l’Opposition, a décidé vendredi de participer au “conclave de Bruxelles” piloté par M. Tshisekedi en y envoyant pas moins de sept membres, dont Martin Fayulu et Patrick Mayombe, a annoncé son modérateur, Patrick Mayombe, dans un communiqué publié samedi par la presse kinoise.

Mais la figure de proue de cette plateforme, Vital Kamerhe, le président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), n’y prendra part.

Selon des médias congolais, un autre opposant, Moïse Katumbi Chpawe, candidat déclaré à la présidentielle, devrait par contre être présent, a assuré l’entourage de M. Tshisekedi à l’agence Belga.

M. Katumbi, un ex-gouverneur de la province du Katanga (sud-est) allié du président Kabila, est passé en septembre dernier à l’opposition. Il séjourne depuis une semaine à Londres pour ses soins médicaux après avoir inhalé des gaz lacrymogènes lors d’affrontements entre la police et ses partisans à Lubumbashi. Il est poursuivi en RDC pour “atteinte à la sûreté de l’État”.

Selon le journal ‘Le Phare’ de vendredi, une autre plateforme politique, le G7 (composé de sept partis qui ont claqué la porte de la Majorité présidentielle l’an dernier et proposé M. Katumbi comme candidat à l’élection) devrait, sauf imprévu, être représenté à Bruxelles par deux anciens ministres, Charles Mwando Nsimba et Olivier Kamitatu ainsi que par le président de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), Antoine-Gabriel Kyungu wa Kumwanza.

Toujours selon la presse, deux autres groupements de l’opposition, le G14 et la Majorité présidentielle populaire (MPP, dont l’autorité morale est un ex-député emprisonné, Eugène Diomi Ndongala) sont aussi attendus dans la capitale belge.

Ce conclave de l’opposition devrait débuter mardi ou plus probablement mercredi et les résolutions publiées jeudi dans le meilleur des cas.

L’opposition congolaise est divisée sur une éventuelle participation au “dialogue national” voulu par M. Kabila en vue d’élections apaisées en RDC.

Aux termes de la Constitution, le président, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire le 19 décembre, n’a pas le droit de se représenter. Mais l’opposition accuse le chef de l’État, qui entretient le flou autour de ses intentions et de son avenir politique, de chercher à tout faire pour se maintenir à la tête du pays au-delà du terme de son mandat.

M. Tshisekedi, qui préside l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) et se considère comme le “président élu” lors de l’élection de novembre 2011 – entachée de nombreuses irrégularités -, séjourne en “convalescence” en Belgique depuis août 2014.