La dangereuse expansion de « Kuzu » à Kinshasa

Les Kuzu emplissent les quartiers populaires de la capitale de la République démocratique du Congo. Ce sont de nouveaux havres de sexe à bas prix.

Kuzu, substantif qui ne dit pratiquement rien aux non-initiés. Ce terme renvoie à un mode de vie critique de la société kinoise. Dans un coin obscur, couvert ou non, des couples se livrent à des fantasmes sexuels, peu importe l’inconfort de l’endroit. C’est une sorte de version dégradante de maisons de passe que l’on retrouve dans les bas quartiers populaires de Kinshasa qui reçoivent sous couvert de l’anonymat des couples de toutes les couches sociales qui veulent se distraire.

A partir de 19h, à côté du marché de Mbaza Lemba dans la commune de Lemba les jeunes filles à la quête d’argent, se lancent dans la prostitution sans précédente. Shida, tonton olobi nini (tonton tu dis quoi), sifflet et autres codes sont utilisés pour faire appel aux hommes qui passent aux alentours du terrain qui sépare le marché et le home 30 de l’Université de Kinshasa. Parfois elles se cachent sous les herbes du terrain et laissent certains garçons pour accueillir les clients qui arrivent. A constaté direct.cd.

Paradoxe, à la quête d’argent, ces filles monnaient leurs sexes. Avec 1500FC, de fois 1000FC, elles acceptent de passer le rapport sexuel avec un partenaire qui se pointe. A ce prix, ces dernières sont à l’obligation de sortir avec plus de garçons pour gagner un montant consistant. « Pour gagner un peu d’argent, nous sommes obligés de coucher avec plusieurs hommes », explique une fille qui pratique ce travail qui a requis l’anonymat. Et d’ajouter : « Il y a des jours que gagne 7000 à 10000FC. Surtout pendant la saison sèche ».

Ce qui se passe pendants le rapport

Une fois qu’ils s’arrangent au prix, la fille sort le préservatif masculin et fait porter l’homme elle-même. Le garçon doit tout faire pour que ce préservatif ne soit pas déchirer pendant l’action sexuelle. Non pas pour éviter des maladies transmissibles mais pour que la fille ne tombe pas enceinte. « Si par erreur le préservatif se déchire, on assiste à des discussions les amenant à des vifs combats où même nous qui sommes pas concernés partons en intervention », témoignent les habitants du quartier environnant.

Jean-Hilaire Shotsha

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