Les déboires de l’opposant congolais Moïse Katumbi se sont multipliés depuis que les ambitions présidentielles deu richissime homme d’affaires  se sont précisées. Mais à voir la pression politico-judiciaire que l’ex-gouverneur de Katanga subit de la part de Kinshasa, l’on se demande si le pouvoir Kabila n’est pas en train de faciliter l’accession. de l’opposant au pouvoir.

Arrestation de proches et de gardes du corps, accusation de recrutement de mercenaires, assignation à domicile et enfin convocation au parquet, bref, les déboires de Moïse Katumbi se sont multipliés depuis que les ambitions politiques de l’opposant congolais se sont précisées. Les événements se sont donc déroulés très vite.

Dans un premier temps, des proches  de l’opposant ont été arrêtés le 24 avril lors d’une manifestation commémorative de l’avènement du multipartisme au Congo démocratique. Ensuite, les éléments de la sécurité de Moïse Katumbi ont connu le même sort. Il est ensuite accusé d’avoir recruté des mercenaires et favorisé leur entrée clandestine dans le pays.

Une enquête judiciaire est ouverte  dans ce sens. Le jeudi 05 mai 2016, des agents de polices et des éléments des renseignements ont encerclé la maison de Katumbi à Lubumbashi, l’assignant pratiquement à domicile. Le dernier événement en date est bien sûr la convocation  du présidentiable et opposant Moïse Katumbi par le parquet ce 07 mai 2016. Une convocation s’inscrivant dans la droite ligne de l’enquête judiciaire ouverte par la justice congolaise à son encontre pour recrutement de  mercenaires. Il devrait se  présenter  ce lundi 09 mai 2016. Mais à voir tous ces acharnements politico-judiciaires contre le richissime homme d’affaires candidat, l’on se demande si ce n’est pas une façon de le propulser  devant la scène.

 

Kabila dresse un tapis rouge à Katumbi

Au regard de toutes les pressions dont Moïse Katumbi est l’objet ces derniers jours, c’est à croire que l’ex-gouverneur de la province de Katanga, est le seul opposant de Joseph Kabila. Mais ce dernier doit savoir raison garder s’il se réfère aux événements  récents au Bénin. En effet, un richissime, ex-allié du Boni Yayi est parvenu au pouvoir après être tombé en disgrâce auprès de  ce dernier et après avoir été contraint à l’exil. Moïse Katumbi, opposant congolais et  Patrice Talon, actuel président du Bénin ont assez de points communs. D’abord, ils sont tous deux de riches hommes d’affaires et  anciens complices du pouvoir dans les deux pays. Ensuite, les deux sont tombés en disgrâce.

Moïse Katumbi fait l’objet à une persécution en ce moment tout comme  Patrice  Talon il y a encore quelques mois. Cette cristallisation de l’actualité politico-judiciaire autour de Katumbi amène à croire que Kabila est de fait, le directeur de campagne du candidat. Ce sera sans surprise qu’au soir de l’élection présidentielle de décembre 2016, le peuple congolais choisira de faire confiance à cet opposant, victime d’un acharnement intense de la part du président Joseph Kabila.

 

Christophe SESSOU