Dialogue: Tshisekedi se paie Kodjo et Kabila

Pointé du doigt comme celui qui bloque la mise en place du comité préparatoire du dialogue politique en RDC, le viel opposant Étienne Tshisekedi a répondu ce 24 mai au facilitateur Edem Kodjo, reprochant à la médiation menée par l’ancien Premier ministre togolais de n’avoir pas toujours satisfait à ses préalables Il dénonce aussi  les actes d’intimidation et les déviances du président Joseph Kabila.

Désigné comme responsable de la lenteur dans la mise en place du comité préparatoire du dialogue politique inter congolais, Etienne Tshisekedi, leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a réagi ce 24 mai au soir. C’est à travers un communiqué cinglant contre le facilitateur Edem Kodjo et les autorités du pays que l’opposant historique congolais, convalescent à Bruxelles a fait savoir sa position.

Il a rappelé que sa formation politique et lui-même veulent avant tout « s’assurer de la concordance des vues entre la perception du dialogue politique par le facilitateur et la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies » qui souligne, entre autres, la nécessité d’organiser les élections dans les délais. Il dit attendre également une réponse claire d’Edem Kodjo sur sa requête relative à « l’implication des autres membres de la communauté internationale », notamment l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Concrètement, l’UDPS sollicite la mise en place d’un panel de facilitateurs, Edem Kodjo ayant été « désigné sans avis préalable de différentes parties congolaises ».

C’est au vu de ces préalables non encore satisfaits par le facilitateur que le vieil opposant congolais rend l’ancien secrétaire général de l’organisation de l’Unité africaine (OUA) responsable du blocage du processus de dialogue politique en RD Congo. Aussi, les garanties quant au caractère inclusif du dialogue et à la libération des détenus politiques n’ont-elles pu être obtenues par le le leader de l’UDPS.

Dans son communiqué, Tshisekedi s’en est aussi pris au président Joseph Kabila. Il dénonce « le procédé anti-démocratique et le traitement ignoble dont Moïse Katumbi, Christopher Ngoyi, Eugène Diomi Ndongala et d’autres acteurs politiques ou de la société civile sont victimes de la part d’un pouvoir qui, dans le même temps, se complaît à claironner sans convaincre qu’il veut aller à un dialogue politique inclusif ».

Pour Etienne Tshisekedi, le président Kabila « étale le vrai visage de son paradigme politique, en multipliant des actes de provocation, d’intimidation et de terrorisme d’État alors que le peuple congolais attendait [de lui] des signaux forts de détente et de décrispation ».  Le dialogue inter congolais annoncé et soutenu par la communauté internationale a véritablement du plomb dans l’aile étant donné que Tshisekedi fait partie de ces rares opposants ayant donné son accord pour être présent à la table des négociations.

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