Le Parquet général de Lubumbashi l’avait, le 19 mai, inculpé pour “atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État ” et placé sous mandat d’arrêt provisoire. Même si la peine capitale n’est plus appliquée en RD Congo, un moratoire la commuant désormais en prison à vie.

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, avait annoncé que M. Katumbi était inculpé et sous le coup d’un mandat d’arrêt, à la suite de ses auditions de la semaine précédente dans le cadre d’une enquête sur un recrutement de mercenaires au Katanga, la province du sud-est de la RDC dont il a été gouverneur de 2007 à septembre 2015.

L’entourage de Moïse Katumbi affirme que ce dernier a été blessé lors d’affrontements entre la police et des milliers de ses partisans à Lubumbashi le 13 mai, alors qu’il se rendait au palais de justice. Il a fait cette déclaration après l’arrestation d’un Américain et de trois autres étrangers présentés comme des gardes du corps de l’opposant, lors de manifestations contre le pouvoir à Lubumbashi. Selon eux, ce sont ces blessures qui sont à l’origine de son hospitalisation.

Les adversaires de l’opposant et riche homme d’affaires l’accusent de simuler la maladie pour se soustraire aux poursuites judiciaires dont il est l’objet. Mais en aura-t-il la possibilité? Aux alentours de l’hôpital les supporters de club de football TP Mazembe appelés 100 % sont postés à intervalles pour ” assurer sa sécurité”, selon des témoins. Jeudi, Jason Stearns, chercheur à l’Université de New York et fin connaisseur du Congo, avait envisagé plusieurs issues à l’affaire Katumbi, voyant dans un départ à l’étranger ” sans possibilité de retour ” celle qui satisferait sans doute le mieux l’opposant et les autorités.