Dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, la ville de Beni est le théâtre d’atrocités. Les massacres de civils ne cessent de se multiplier dans une étrange indifférence. Mais si l’État reste muet, la population, elle, ne peut plus garder le silence.

Le Nord-Kivu reste (et de loin) la province la plus meurtrie en RDC avec plus de 1116 personnes sauvagement tuées entre octobre 2014 et mai 2016, soit une moyenne épouvantable de deux personnes tuées quotidiennement. Ces atrocités sont pourtant cachées aux yeux du monde. Les ADF Nalu, ces rebelles ougandais, principaux responsables de ce carnage, rodent toujours librement dans les parages, ne cessant de semer la mort sur leur passage.

Alors que la liste des morts s’alonge de jour en jour, la population assiste à la passivité de son gouvernement. Comment interpeller nos dirigeants, la communauté internationale ou la CPI ?

Cette fois c’est via internet et les réseaux sociaux que les congolais font entendre leurs cris de S.O.S. Mais est-ce efficace ? Si les attentats à Paris ont eu un écho mondial pourquoi les milliers de morts du Kivu passeraient-ils inaperçus ?

A la manière du célèbre hashtag français #jesuisparis, les internautes congolais espèrent mobiliser la population et interpeler le monde entier sur ce qui se passe chez eux.

Les hashtags #jesuisbeni, #paixabeni, #justiceforbeni et #stopauxmassacres sont les plus utilisés. De l’internaute lambda aux stars internationales d’origine congolaise, tous ont désormais un seul credo : #jesuisbeni. Interpeller l’État est leur grand objectif. Certains s’adressent même directement au gouvernement et parlent de  « massacres en silence de la population à Beni». Par son indifférence et son inaction face à ces atrocités, le gouvernement a lui aussi sa part de responsabilité.

Ce qui compte aujourd’hui est une action tangible pouvant améliorer la situation sécuritaire à Beni et dans la sous-région. Interrogé dernièrement sur le sujet, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, pourtant réputé pour son éloquence futée quand il faut défendre les actions du gouvernement, n’a pas eu grand-chose à dire, essayant seulement de justifier son… lire la suite ici