epuis mercredi, les réseaux sociaux s’enflamment autour d’une vidéo tentant d’expliquer, images à l’appui, que la star congolaise Papa Wemba aurait été empoisonnée sur scène. Une analyse grotesque battue en brèche par une simple analyse des images et par l’équipe de l’artiste, qui entend porter plainte.

Les premières vidéos conspirationnistes ont émergé mercredi après-midi, publiées notamment par un membre de la diaspora congolaise. En se basant sur les images du concert, une voix off explique avoir remarqué un “curieux manège” de la part d’un technicien qui enlève un micro sur pied de la scène, avant d’en apporter un nouveau.

France 24 a décidé de ne pas diffuser cette vidéo qui inclut des plans de la chute de l’artiste par respect pour la famille. La vidéo est cependant toujours disponible sur Youtube. Dans celle-ci, l’assistant plateau qui rapporte le micro supposé empoisonné est cerclé de rouge.

Puis, la vidéo se poursuit avec des images du moment où l’artiste congolais tombe sur scène, victime d’un malaise. Le “complotiste” se concentre alors sur un technicien, selon lui, le même que sur les premières images, qui se précipite sur le micro pour le récupérer. Il s’interroge sur le fait que le jeune homme ne vienne pas aider le musicien, alors à terre et auquel ses danseurs viennent en aide.

La flèche pointe vers l’assistant qui vient récupérer le micro, pendant que les danseurs viennent en aide à Papa Wemba à terre. En 24 heures, la vidéo a récolté 58 000 vues.

 

Deux micros ? Non, il n’y en a qu’un seul

Selon la voix off, qui évoque ouvertement un “complot”, il n’y a pas de doute : Papa Wemba a été empoisonné par cet homme qui lui a apporté un nouveau micro.

L’analyse pourrait faire sourire, elle a pourtant donné lieu à un débat sur la chaîne nationale congolaise (RTNC), qui s’est elle-même interrogée sur le rôle de cet assistant plateau. La vidéo a d’ailleurs donné lieu à de nombreuses reprises sur les réseaux sociaux partageant la même analyse. Uniquement sur Youtube, les vidéos sur les sujets combinant les mots “poison” ou “empoisonnement” et “Papa Wemba” cumulaient mercredi après-midi 300 000 vues en tout.

De très nombreux internautes ont emboité le pas à cette “théorie du complot” et ont relayé ces vidéos.

Sauf que l’assistant n’a pas emmené un “nouveau micro”, mais simplement un trépied. Sur les images du concert, visibles ci-dessous, on voit l’artiste congolais se diriger vers ce trépied, et y placer le micro qu’il tient déjà dans la main.

Dans cette vidéo du concert, à la 19ème seconde, on voit l’assistant amener un objet, qui est en fait un trépied sans micro. Papa Wemba se dirige ensuite vers le trépied après avoir tapé dans ses mains, et y dépose le micro qu’il tient déjà dans ses mains.

La manager de Papa Wemba : “Nous comptons porter plainte contre les auteurs de ces vidéos”

Contacté par France 24, la manager de Papa Wemba, Marie-Laure Yaone, affirme avoir connaissance de ces vidéos, même si elle a refusé de les regarder, les jugeant “ridicules” :

On m’a dit que les gens s’interrogeaient sur le rôle d’un assistant. Je réponds que l’équipe technique a parfaitement fait son travail et respecté les directives. Papa Wemba a l’habitude dans ses chorégraphies de beaucoup bouger et se dépenser. Pour cela, il a besoin d’un micro sur pied lorsqu’il chante. Les assistants plateaux ont instruction d’enlever le trépied à chaque fois qu’il est inutilisé pour ne pas gêner, et de le ramener au moins une quinzaine de secondes avant qu’il en ait besoin. Ce matériel a un coût [un simple micro professionnel peut coûter jusqu’à 500 euros, Ndlr] et ils ont la directive pour faire en sorte de l’empêcher de tomber et de se casser. Et c’est comme ça pour n’importe quel concert, partout où Papa Wemba a chanté.

Papa Wemba était fatigué. Il avait été hospitalisé au mois de janvier, il avait depuis fait deux examens médicaux qui n’avaient rien révélé [l’artiste souffrait régulièrement du paludisme et traversait des épisodes de fatigue chronique]. Il avait pris cet engagement pour le festival FEMUA à Abidjan, et voulait respecter sa parole.

La manager a… Lire la suite sur France24