De quoi Papa Wemba est-il mort?

Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, est mort ce dimanche à 09H à Abidjan. Le vieux « Mzee » passait déjà des moments difficiles à Paris où il a connu des problèmes de santé très sérieux en  février. Retour sur les circonstances de sa mort.

Alors que chaque deuxième mois de l’année est consacré à la célébration de l’anniversaire de son groupe Viva-la-Musica créé en février 1977, celui de 2016 était déjà très compliqué pour le fondateur de cet orchestre, Papa Wemba, l’une des icônes, alors vivantes, de la musique congolaise.

Des sources sûres confirmaient, fin février, que la star congolaise venait de sortir du séjour de mort. Car, son état de santé était très critique. Papa Wemba a souffert de la malaria cérébrale qui l’a plongé dans un coma de trois jours à l’Hôpital à Paris. ‘

« Franchement, le vieux a risqué de mourir à cause de cette maladie qui, pour son cas, a été toujours mal soigné à Kinshasa », rapporte un des proches de Viva-la-Musica, depuis la Ville lumière.

On croyait pourtant que le pire était passé. Sa santé, ajoute un proche, s’est améliorée, par rapport à la semaine dernière. L’artiste commence à reprendre sa forme mais il est encore dans la période de convalescence.

De son retour à Kinshasa, l’artiste a été invité FEMUA 9 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, d’où il est mort en pleine prestation ce dimanche.

On ignore cependant les vraies raisons de sa mort.

Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, est un chanteur et compositeur congolais. Il était le doyen et l’un des artistes-musiciens africains les plus populaires depuis plusieurs années. Papa Wemba est né en 1949 à Lubefu dans le Sankuru, province du Kasaï-Oriental, en République démocratique du Congo. Très jeune, il quitte sa campagne pour vivre à la ville, s’intégrer au monde moderne. Sa mère était pleureuse professionnelle dans les soirées funéraires ou veillées mortuaires. En entraînant régulièrement son fils avec elle, elle l’initia à la musique et au chant. En 1969, il fonde avec des amis le groupe « Zaiko Langa Langa ».

Ils s’inspirent de nombreux courants : musique afro-cubaine, rock, rhythm and blues… Mais, dans le Zaïre indépendant des années 60, la tendance est aux musiques traditionnelles. Et, même si les aînés la critiquent, la jeunesse s’identifie à cette musique rebelle. En 1977, Papa Wemba fonde un nouveau groupe « Viva la Musica »(baptisé d’après un titre de Johnny Pacheco). Nouvelle révolution : « J’ai introduit, raconte Papa Wemba, un nouvel instrument : le lokolé. Il s’agit d’un tronc d’arbre creux que l’on frappe avec deux baguettes pour communiquer d’un village à l’autre ».

Autre révolution, Papa Wemba décide que lui et ses musiciens auront un look impeccable. Il crée la Société des Ambianceurs et des Personnes d’Elégance (ou SAPE), à laquelle se rallient les jeunes zaïrois du monde entier. « Grâce à la sape, explique Papa Wemba, nous avons acquis une identité. Mais je ne suis pas un esclave de la mode. Je suis avant tout un chanteur, pas un sapeur ». En bon défenseur de la musique congolaise, Papa Wemba du haut de ses 65 ans a largement participé à l’émergence de l’afro pop dans les chartes occidentales. Aujourd’hui, il prône désormais le retour aux sources et aux fondamentaux à travers son nouvel album intitulé « Maître d’école ». Par le biais de cet opus, le maître entend apprendre à la jeune génération ce qu’est la vraie rumba.

La musique qui a marqué les heures de gloire des indépendances. De « Trait d’union » en 2011, en passant par « Mode d’emploi » en 2012, le vieux « Fula Nguengue », continue de briller par ses œuvres et se démarquer par la finesse de sa voix immuable, toujours perchée en dépit de l’âge. En 2014, il a bien servi ses mélomanes avec « Maître d’école». Un opus 100 % rumba riche de vingt-cinq chansons. La collection ne manque pas de piquant ou de mélodies attirantes comme celles de « Chasse à l’homme », entonnée avec JB M’Piana, «Triple option» avec Barbara Kanam ou « Nostalgie », avec Jossart Nyoka Longo, pour ne citer que les collaborations locales.

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