Vers un réport de l’élection présidentielle?

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a admis vendredi ne pas être en mesure d’organiser l’élection présidentielle prévue en novembre prochain en République démocratique du Congo (RDC) dans le délai constitutionnel en cas de décision politique de réviser le fichier électoral.

« Aujourd’hui, ce sont des contraintes techniques qui ne permettent pas à la Ceni d’organiser les élections dans les temps », a affirmé à Kinshasa son président, Corneille Nangaa, cité par la radio onusienne Okapi.

M. Nangaa a promis d’introduire une requête à la Cour constitutionnelle pour « obtenir une petite extension qui ne sera pas éternelle ». Le président de la Ceni a expliqué que son institution pourrait organiser la présidentielle dans les temps – quelques semaines avant la fin du second mandat du président Joseph Kabila, qui expire le 19 décembre – à condition que la classe politique congolaise décide de ne pas tenir compte de la révision du fichier électoral.

« Si les acteurs se mettent d’accord là-dessus et lèvent cette option, nous irons aux élections en 2016 », a précisé M. Nangaa. Il faudrait dans ce cas organiser la présidentielle sur la base du fichier électoral de 2011, qui n’intègre pas les quelque dix à douze millions de Congolais devenus entre-temps majeurs.

La communauté internationale insiste depuis des mois pour que la présidentielle soit organisée dans les temps. Alors que les alliés politiques de M. Kabila réclament un délai pour organiser les élections, affirmant que l’Etat manque d’argent, l’ONU et les bailleurs de fonds occidentaux disent être prêts à soutenir le processus électoral à condition de voir le gouvernement congolais s’engager financièrement, et la Céni publier un calendrier électoral respectant les termes de la Constitution.

En février dernier, le président de la Ceni avait expliqué aux acteurs politiques et aux partenaires extérieurs les contraintes qui rendent impossible l’organisation du scrutin présidentiel, qui doit être couplé à des législatives, dans le délai constitutionnel.

L’opération de révision du fichier électoral – qui n’a pas encore débuté – pourrait durer au minimum seize à dix-sept mois, avait prévenu M. Nangaa. La RDC traverse une crise politique depuis la reconduction au pouvoir du président Joseph Kabila à l’issue d’élections marquées par des fraudes massives en novembre 2011.

Depuis plus de deux ans l’opposition accuse le chef de l’État, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire le 19 décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir en poste au-delà de la fin de l’année, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

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