Les ‘‘Kuenda -Vutuka’’ de Tshisekedi

Etienne Tshisekedi wa Mulumba, le président de l’UDPS, ne cesse de se faire désirer, au point de, finalement, lasser.

Kinshasa, RDC
MUM LEJAM

Le sphinx de Limete n’est plus à présenter. C’est l’un des rares voire même rarissimes personnalités politiques ou mieux opposants qui a pu subsister à travers les générations depuis la veille de l’indépendance jusqu’à nos jours. Mais son cursus politique est émaillé de plusieurs hésitations que certains n’hésiteront pas à le désigner comme l’homme à rebondissements. Reconnaissons-le, ce dernier figure parmi les pères fondateurs de la démocratie chèrement acquise le 24 avril 1990 consacrant le pluralisme politique.  Bien entendu cette lutte pour l’avènement de la démocratie, il ne l’a pas mené seul. En décembre 1980, Tshisekedi et d’autres parlementaires rédigent une lettre une lettre ouverte à Mobutu, ‘’la lettre de 13 parlementaires’’.

Tshisekedi accède une première fois au poste de premier ministre. Mais de courte durée : du 29 septembre au 1er novembre. Signant l’acte de sa nomination devant le maréchal, il se permet de barrer une des dispositions dudit acte. Cette mésaventure lui coûte sa révocation.

Quelques années après, le défunt président Mobutu décide malgré lui de convoquer la fameuse Conférence nationale souveraine (CNS). Ce forum national élit Tshisekedi Premier ministre le 15 aout 1992. Cette fois-ci, il exerce les fonctions de premier ministre jusqu’au 5 février 1993. Il est démis par Mobutu consécutivement aux occidentaux qui préfèrent Léon Kengo Wa Dondo.

Le pays est en proie à une rébellion surtout dans sa partie Est avec principalement le RCD et  le MLC. Sous les hospices des Nations Unies, les négociations sont menées à Sun City débouchant sur l’accord qui porte le même nom. Cet accord prévoit une transition. Étonnement, l’opposant historique qui a pris part à une bonne part des négociations refuse de participer au gouvernement de transition. Et cela fait l’affaire d’un certain Arthur Zahidi Ngoma qui occupe le poste de vice-président pour le compte de la composante Opposition politique.

En 2003, il appelle au boycott du referendum du 18 février 2005. Son appel n’a pas été suivi, la constitution est adoptée avec succès. Poursuivant sur la même logique, il ne se présente pas au scrutin présidentiel allant jusqu’à appeler les combattants à boycotter également l’enrôlement.

Versatile et contre toute attente, il décide de se présenter à l’élection présidentielle à l’issue de laquelle Joseph Kabila est élu pour un deuxième mandat. Trouble-fête, il s’autoproclame le 23 décembre président de la République démocratique du Congo, a prêté serment depuis sa résidence de Limete.

Actuellement, l’heure est au dialogue. L’UDPS et la majorité entament le pré dialogue en Italie et en Espagne. L’UDPS claque la porte. Après un certain temps, ce parti s’est dit favorable au dialogue. Ensuite, il se rétracte à nouveau affirmant que c’est le dialogue convoqué par la communauté internationale et en marge de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Décidemment, le vétéran ne changera pas.#

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