La Majorité voudrait « chasser » Kengo comme Kamerhe

Ce qui se disait sous les manteaux dans les cercles politiques de la Majorité Présidentielle n’est plus un secret. La tête de Léon Kengo, le président du Sénat est mise à prix. Le président de l’Union des Forces du Changement (UFC) est accusé de lorgner vers le fauteuil présidentiel.

Quelle arme pourra utiliser la Majorité Présidentielle pour déboulonner celui qui dirige la Chambre haute du Parlement depuis plus de huit ans ? Des sources proches de la famille politique du chef de l’Etat, Joseph Kabila, les sénateurs de la Majorité Présidentielle auraient reçu l’instruction de signer en masse une motion de défiance qui circule pour l’éviction de Léon Kengo wa Dondo du perchoir du Sénat.

Selon les mêmes sources, le document circule et il aurait .déjà récolté plusieurs signatures. Il nous revient d’apprendre que ladite motion sera déposée et débattue lors de la session ordinaire du mois de mars prochain. Proche de Joseph Kabila, Vital Kamerhe avait été «chassé» de son fauteuil du président de l’Assemblée nationale dans les mêmes conditions. Citées parmi les personnes faisant du premier cercle de Joseph Kabila, dont il fut directeur de campagne en 2006, l’élu de Bukavu a été «évacué» à la suite d’une motion de défiance initiée par le camp présidentiel. Tous les membres du bureau de l’Assemblée nationale avaient même démissionné en bloc afin d’isoler Vital Kamerhe. La suite est connue de tous. Le «péché» de l’homme de la rigueur.

Léon Kengo, à en croire certaines sources, serait victime de sa position par rapport aux dispositions de la Constitution. En effet, la Loi fondamentale de la République Démocratique du Congo (RDC) fait de lui le successeur désigné du chef de l’Etat au cas de vacance ou d’empêchement du Président en exercice.

Du coup, le président du Sénat est soupçonné, par certains cadres de la Majorité Présidentielle, de vouloir voir la crise politique (sic) que connaît la RDC perdurer pour que l’occasion lui donnée pour activer l’article de la Constitution qui ferait de lui le successeur du «Raïs» congolais.

Qui pour remplacer Kengo?

Comment combler le vide laissé par Léon Kengo si ce dernier était «chassé» par la motion qui serait en circulation ? C’est là toute la question. A ce sujet, un nom circule déjà du côté de la Majorité Présidentielle. Il s’agit de celui du Sénateur Léonard She Okitundu Ce dernier, pour rappel, avait été battu par Léon Kengo lors de l’élection’ du président du Sénat en 2007.

Il faut que l’élection du président de l’UFC comme président du Sénat avait surpris plus d’un observateur de la scène politique congolaise. Opposant, Kengo ne comptait à peine une dizaine de sénateurs sur les 120 que compte la Chambre haute du Parlement. Parlant sous le sceau de l’anonymat, un acteur politique proche de Léon Kengo a fait savoir que la MP ne mesure pas les conséquences politiques d’une telle dé1arche.

D’abord, assure-t-il, elle va entamer les relations jusque-là bonnes entre le chef de l’Etat et le président du Sénat. Par ricochet, l’Opposition Républicaine qui soutient le dialogue souhaité par Joseph Kabila risque de rejoindre ou d’aller grossir les rangs de la Dynamique et/ou du G7. Une chose reste cependant sûre : la République Démocratique du Congo risque de connaître un climat politique agité les mois prochains.

Par CN

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