Arrestation de Fayulu, coupure du signal RFI, déploiement des hommes en uniforme, interpellation des jeunes, réactions controversées …, la journée ville morte fait encore parler d’elle à Kinshasa.

Une bonne frange de l’opposition et de la société civile ont appelé la population à une journée ville morte le mardi 16 février dernier pour exiger la tenue des élections dans les délais constitutionnels, le respect de la constitution et du principe de l’alternance démocratique.

Pendant que les tenants de la journée ville morte continuaient à sensibiliser la population sur le bien-fondé de la journée ville morte, le pouvoir, quant à lui a choisi de passer à la contre-attaque. Ainsi, le ministre de la Fonction publique a appelé les agents de l’Etat à rehausser leur présence au lieu de service. Ceux qui oseraient s’absenter pourront s’exposer à des sanctions au regard de la loi régissant l’agent de l’Etat a menacé le ministre. Célestin Kanyama, commissaire provincial de la Police s’est adressé à ses troupes. Etant donné qu’officiellement, cette journée n’est pas fériée, quiconque osera la perturber sera sanctionné a mis en garde l’officier.

Arrestation de Fayulu : Le silence inquiétant des députés

Seul Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale a réagi consécutivement à l’arrestation du député national Martin Fayulu. Le speaker de l’Assemblée nationale s’est exprimé en ces termes : ‘’ Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, il ne devrait pas être détenu’’. D’ailleurs, Minaku a sollicité le parquet général pour sa libération. Même si le président de l’Assemblée nationale est la bouche autorisée, on aurait souhaité voir l’ensemble de députés tant de la Majorité que de l’Opposition unis comme un seul homme pour dénoncer cette arrestation arbitraire et de surcroît manu militari. N’est-ce-pas que les députés jouissent de l’immunité ?

Quant à Aubin Minaku, ce dernier se contente de dénoncer sa simple arrestation. Cependant, il reste muet sur les conditions qui entourent cette arrestation. A en croire Maitre Jean-Marie Kabengela, avocat du député national, plusieurs biens de Martin Fayulu ont été confisqués. Il s’agit de sa Jeep, de ses carnets de chèque, d’une somme de 670 dollars US et d’autres objets qu’il détenait. Ainsi, le président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement ( ECiDé) exige la restitution de ses biens confisqués par les services des renseignements militaires ex-Détection militaire des activités anti patrie ( Demiap) . L’élu a été arrêté en début d’après-midi au siège de son parti, l’ECiDé.

Des témoins affirment que ce sont des militaires à bord d’un véhicule FARDC qui ont procédé à l’arrestation vers 15h00. Il a été entendu par un magistrat avant d’être relâché.

Président de l’ECiDé, membre de la dynamique de l’opposition et candidat à la présidentielle, Martin Fayulu avait appelé à une journée ville morte le 16 février dernier pour exiger la tenue des élections dans les délais constitutionnels, le respect de la constitution et du principe de l’alternance démocratique. Pour rappel, plusieurs plateformes de l’opposition et de la société civile accusent le gouvernement et la commission électorale de chercher à imposer le glissement du calendrier électoral pour permettre à Joseph Kabila qui termine son deuxième et dernier mandat constitutionnel de rester au pouvoir.

Qui a coupé le signal de RFI ?

Le matin de la journée du mardi 16 février dernier, RFI dans sa fréquence de 105 MHz n’émet plus alors que la population est en quête des informations sur la journée ville morte lancée par une bonne frange de l’opposition et de la société civile. Interrogé à ce sujet, Lambert Mende, ministre de la communication et médias et porte-parole du gouvernement affirme ignorer les raisons de cette coupure.

Est-ce une panne ou une coupure involontaire ? Toutefois, Lambert Mende espère entrer en contact avec les autorités de RFI. Au cas où, le signal a été interrompu volontairement, cela constitue une atteinte à la liberté d’informer conformément aux prescrits de la constitution. #

JMM