L’Envoyé spécial de l’Union africaine pour la République démocratique du Congo (RDC), Edem Kodjo, a fait le déplacement de Luanda où il a conféré mercredi 17 février dernier avec le Chef de l’Etat angolais, José Eduardo dos Santos. Les deux personnalités ont examiné minutieusement les obstacles auxquels se trouve confronté l’émissaire de la présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour la tenue du dialogue en RDC.

Si Edem Kodjo s’est limité à déclarer qu’il avait informé le Président angolais du processus électoral en République Démocratique du Congo qui du reste est conditionné au manque de conditions techniques, le ministre angolais des Relations Extérieures, Georges Rebelo Pinto Chikoti a été un peu plus claire.

Pour avoir assisté à cette l’audience, il a déclaré que la RDC était à la traîne dans le processus électoral, que les autorités locales avaient demandé laide de la Communauté internationale. Et de poursuivre : “Edem Kodjo a été nommé par l’Union Africaine, pour aider dans les différences entre le Gouvernement actuel et les partis politiques de l’Opposition congolaise, en ce qui concerne la tenue des élections, prévues initialement pour novembre 2016”.

Il a souligné que “techniquement, il n’y avait pas de conditions pour tenir des élections en RDC, en ce moment-là” avant de poursuivre un dialogue entre l’Opposition et le Gouvernement était nécessaire.

Et d’avouer que la venue de ce diplomate en Angola était dû au fait qu’il reconnaissait l’expérience du Président angolais, José Eduardo dos Santos, avec qui il a échangé les points de vue et demandé de l’aide pour une issue pacifique à l’impasse dans laquelle le Gouvernement et l’Opposition se trouvent.

De l’intransigeance de Tshisekedi

De bonnes sources, il nous revient à ce propos d’apprendre que, l’émissaire de Nkosazana Dlamini-Zuma a abordé avec Eduardo, l’intransigeance de Tshisekedi. Le leader de I’UDPS a réaffirmé jeudi 4 février à Bruxelles sa position définie dans la lettre envoyée fin janvier à Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de l’a commission de l’UA: il ne prendra pas part à des pourparlers politiques en. RDC si ces derniers sont convoqués par le Président Kabila, ce dernier étant, selon l’opposant, partie prenante à la crise.

En outre,’ il a réitéré son attachement à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et son engagement à l’alternance démocratique au pouvoir en 2016 en RDC. Allusion faite au respect des délais constitutionnels dans l’organisation de la présidentielle, au moment où l’on se dirige de plus en plus vers un “glissement” (report des dates des scrutins) du calendrier électoral.

Aussi le « lider maximo » a insisté sur la « bipolarisation du Dialogue » à venir : d’un côté le Président Joseph Kabila et ses alliés et de l’autre le leader de l’UDPS et tous ceux qui aspirent au changement ».

Dans les milieux de l’UDPS à Kinshasa, on soutient que le médiateur de l’UA est allé à Bruxelles sans avoir appréhendé toute la complexité du processus du Dialogue politique attendu en RDC de sorte que personne dans l’entourage de Tshisekedi ne doutait de l’issue de cet entretien.

Le Président angolais aurait assuré à son interlocuteur qu’il mettrait tout en branle pour convaincre Tshisekedi de participer au Dialogue politique au regard du communiqué publié par les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et l’OIF avant de soutenir le Dialogue en cours en RDC du fait que la Communauté internationale reconnaissait déjà ces retards et la nécessité de mener à bien les négociations de paix, pour prévenir les conflits dans ce pays de la Région des Grands Lacs.