Le Sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo pourrait, finalement, siéger aux côtés de ses collègues de la Chambre haute du Parlement, au cours de la session parlementaire ordinaire ; la toute première de l’année 2016 dont l’ouverture est prévue le 15 mars prochain. Pourvu que le verdict de La Haye, attendu le 21 mars, soit six jours après le début des travaux de ladite session lui soit favorable.

D’ores et déjà, le chrono est mis en marche. Le compte à rebours a commencé depuis mardi dernier, à la suite d’un communiqué de la Cour pénale internationale (CPI), annonçant la sentence du procès Bemba dans exactement 48 jours (à compter du 02 février, date à laquelle l’avertissement de la CPI a été rendu public.) Dans les rangs des militants du parti politique de Jean-Pierre Bemba, le Mouvement de libération du Congo (MLC), l’optimisme croît.

L’heure est plutôt à d’intenses prières individuelles.

Cependant, dans certains hauts lieux politiques de la capitale rd congolaise, on compare le sort de Jean-Pierre Bemba avec celui des  » animaux malades de la peste  » du célèbre écrivain et fabuliste français, Jean de la Fontaine. Coupable ou innocent ? Trêve de supputations. Sauf si l’on est devin. Sinon, seul le dernier jugement de la Cour rendra le Chairman du MLC, riche ou pauvre. Rendez-vous est donc pris dans 46 jours. Soit plus exactement le 21 mars prochain. Pas un scoop de Forum des As, dans la mesure où la nouvelle a fait le tour de la plupart des médias qui l’ont diffusée dans leurs éditions de mardi et de mercredi derniers.
Une précision importante cependant : le verdict du 21 mars ne concerne que le premier volet du procès lié aux principaux griefs mis à charge du prévenu Bemba. A savoir les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Après, la Cour devra se prononcer sur le sort de J.P Bemba quant au deuxième aspect de son procès se rapportant à la subornation des témoins. Pas donc évident que les deux verdicts soient rendus en temps record. Mais rien n’est exclu !

RELAXE, IL REPRENDRA LE CHEMIN DE L’HEMICYCLE

Jean-Pierre Bemba, leader du MLC tout court ? Sans doute non. Tenez. Bien qu’encore prisonnier, l’incontestable et incontesté président national du  » parti de l’abeille  » garde son statut de sénateur élu en 2007. Jusqu’à ce jour, son mandat n’a jamais été invalidé. Les sénateurs, toutes loges politiques confondues, ont fait bloc pour rester solidaires avec leur collègue au gnouf à La Haye. Autant le dire tout de suite qu’une fois relâché, Jean-Pierre Bemba Gombo reprendra le chemin de l’hémicycle pour occuper sa place au sein de la salle de Conférences internationales où se tiennent les assemblées foraines de la Chambre haute du parlement.

45 ans à la date de son arrestation, le 8 mai 2008 à Bruxelles, Jean-Pierre Bemba avait presque tout connu : l’enfance d’un fils à papa, l’exil, la guérilla et ses atrocités, les ors de la vice-présidence, la passion d’une campagne électorale. Mais la prison, le tribunal peut-être, ça non. Depuis qu’il avait été arrêté, samedi le 08 mai 2008 dans la soirée à Bruxelles à la demande du Procureur de la Cour pénale internationale, Jean-Pierre Bemba devait donc se dire que les temps avaient bien changé.

Un tout premier gros « poisson  » dans les mailles du filet. L’histoire a sans doute ses méthodes de peindre la société. De ce point de vue, il ne serait donc pas étonnant dans les années à venir, de voir les historiens prendre leurs plumes pour dire – peut -être que l’arrestation de Jean-Pierre Bemba marquait ainsi le véritable acte de naissance de la CPI, créée par le Traité de Rome entré en vigueur le 1er juillet 2002 et entré en service deux ans plus tard. Jamais, Moreno Ocampo, alors procureur de ladite Cour à qui certaines ONG reprochaient son approche pour le moins prudente, ne s’était attaqué à un si gros  » poisson « .

Laurel KANKOLE