Le gouvernement congolais a gagné le bras de fer qui l’opposait depuis un an à la Monusco (Mission de l’Onu au Congo). Un accord a en effet été signé jeudi entre celle-ci et le ministre congolais de la Défense, Crispin Atama, pour la reprise de leur coopération militaire. Et cela “dans le respect de la souveraineté” du Congo, a expliqué M. Atama à “Jeune Afrique”.

Cette coopération avait été partiellement suspendue depuis un an. En février 2015, la mission onusienne avait exigé le remplacement de deux officiers congolais nommés au Kivu par le président Kabila alors qu’ils étaient sur la “liste rouge” de l’Onu.

Les généraux Sikabwe Fall, nommé chef de la région militaire du Nord-Kivu, et Bruno Mandevu, nommé chef de l’opération Sukola II, menée conjointement avec la Monusco et destinée à neutraliser les FDLR(rebelles hutus rwandais, issus des génocidaires), sont en effet impliqués, estime l’Onu, dans des“violations massives des droits de l’homme”.

Kinshasa avait refusé de changer ses dispositions et lancé seule sa nouvelle opération contre les FDLR. Depuis lors, il n’y a plus eu d’échange d’informations entre armée congolaise et casques bleus sur les rebelles hutus et quelques-uns seulement sur les rebelles ougandais ADF qui ensanglantent la région de Beni (nord du Nord-Kivu).

Dégradation de la situation

La situation s’est donc dégradée. Si les FDLR ont effectivement perdu des positions au Nord-Kivu, c’est sous la poussée de milices ethniques locales, rivales des Hutus; l’armée congolaise occupe ensuite les positions FDLR libérées par ces milices. Le problème est que celles-ci s’en prennent aux populations hutues congolaises, habituellement protégées par les FDLR, provoquant des déplacements de populations. Et les FDLR attaquent des civils non-Hutus en représailles.

Au Sud-Kivu, les FDLR se regroupent à Mwenga et étendent leur territoire vers le Sud.

Le nouveau représentant du secrétaire général de l’Onu, le Nigérien Maman Sambo Sidikou, qui est l’autorité politique au-dessus des casques bleus, est apparemment moins attentif que l’Allemand Martin Kobler – qu’il remplace depuis fin 2015 – à ce que les troupes onusiennes ne collaborent pas avec de présumés criminels.Marie-France Cros