Kabila s’offre un arsenal antiémeute inquietant

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont remis mercredi un arsenal antiémeute à la police, provoquant l’inquiétude de défenseurs des droits de l’Homme à onze mois d’élections incertaines.

Le ministre congolais de l’Intérieur Évariste Boshab a remis ces matériels au général Charles Bisengimana, chef de la police, en présence de la presse. Il s’agit de 5 véhicules à canon à eau, 5 véhicules blindés lanceurs de gaz lacrymogènes avec 9 tubes, des grenades assourdissantes, des cartouches explosives et en caoutchouc, des fusils antiémeutes, des lance-grenades antiémeutes et des pistolets à impulsion électrique. Pour M. Boshab, les policiers sont désormais dotés de moyens leur permettant de minimiser les conséquences de leur action face à des manifestants.

Par ailleurs, le ministre a refusé de donner le coût et l’origine de ces matériels, évoquant le « secret défense ». Selon le général Bisengimana, un deuxième lot « plus important est en voie d’être acheminé » en RDC où le climat politique est très tendu. « Nous sommes très, très inquiets de la présence de ce matériel et nous comprenons que le pouvoir prépare la violence contre les populations non armées », a déclaré Dolly Ibefo, directeur de l’ONG congolaise de défense des droits de l’Homme la Voix des sans-voix (VSV). L’opposition accuse le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire en décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir au pouvoir, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives, M. Kabila a proposé la tenue d’un « dialogue national » qui tarde à venir, en vue d' »élections apaisées ». Mercredi, l’ONU s’est alarmée de l' »augmentation dramatique » des violations de droits de l’Homme dans le pays. Le 19 janvier, près de 5.000 personnes ont manifesté à Bukavu, dans l’est du pays, pour réclamer la tenue de la présidentielle en 2016, mais à Kinshasa et Lubumbashi, la police a empêché les rassemblements que prévoyait l’opposition à la mémoire de quelques dizaines de morts de la répression d’émeutes contre le pouvoir en janvier 2015. (Belga)

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