Les cours du pétrole ont, comme la veille, baissé mardi à New York et fini au plus bas depuis fin 2003, tombant même brièvement sous 30 dollars le baril, face au pessimisme persistant sur la surabondance générale. Pourquoi le prétrole chute-t-il? Quelles en sont les conséquences pour l’économie congaise? On vous dit tout!

Les économistes et les experts du pétrole, qui se sont beaucoup trompés sur l’évolution des cours ces dernières années, se posaient tous la même question, mardi 12 janvier, après une journée calamiteuse sur les marchés pétroliers : jusqu’où tombera le prix du baril, qui est brièvement descendu sous les 30 dollars à New York avant de repasser ce seuil en fin de séance ? Trois banques américaines, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Citigroup, estiment qu’il va enfoncer le plafond des 30 dollars et pourrait s’approcher des 20 dollars – une prévision établie par Goldman Sachs dès septembre 2015.

Malgré la gravité de la crise, il n’y aura pas de réunion extraordinaire de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) pour décider de réduire une offre surabondante et faire ainsi remonter les cours, a prévenu, mardi, le cartel par la voix de deux de ses représentants. Cette demande avait été formulée par son président sortant, le nigérian Emmanuel Ibe Kachikwu, qui plaidait pour un sommet d’urgence « début mars », sans attendre la réunion semestrielle prévue en juin à Vienne.

C’est la preuve que l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial et chef de file de l’OPEP, attend que sa stratégie de défense des parts de marché porte ses fruits. En clair, que ses deux principaux concurrents, les Etats-Unis et la Russie, qui produisent à des coûts bien plus élevés que Saudi Aramco, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures, pompent moins de brut.

Pourquoi le prix du pétrole baisse?

Néanmoins, plusieurs facteurs se conjuguent actuellement: la surproduction mondiale, le cours du dollar, et un automne particulièrement doux.

• L’explication fondamentale, qui a fait basculer les marchés à l’été 2014 et qui perdure, est la surproduction mondiale. D’un côté, jusqu’à la mi 2015, la production de pétrole de schiste des États-Unis a continué de progresser. De l’autre, l’Arabie saoudite qui entend préserver ses parts de marchés, n’entend pas réduire sa production, moyen que l’Opep a utilisé par le passé pour faire remonter les cours, en asséchant l’offre.

L’annonce, lors de la dernière réunion des ministres de l’Opep, le 4 décembre à Vienne, qu’il n’y aurait pas de baisse volontaire du pompage, et l’absence de plafond chiffré de production dans le communiqué final de l’Opep, un fait inédit depuis des années, a précipité la baisse depuis dix jours.

Vendredi 11 décembre, dans son rapport mensuel sur le marché du pétrole, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui est le pendant de l’Opep, représentant les pays occidentaux, a prévu pour 2016 une offre mondiale de pétrole encore excédentaire. «Ce rapport mensuel est très suivi par les acteurs du marché pétrolier», précise Francis Perrin, directeur de la revue «Pétrole et gaz arabes».

En 2016, la production américaine, handicapée par la baisse des prix qui rend de moins en moins rentables de nombreux puits de pétrole de schiste, devrait baisser. Mais l’AIE, comme d’autres analystes, attend un surplus de production venu d’Iran, si les sanctions internationales contre la république islamique sont bien levées au printemps.

• La plupart des analystes pétroliers retiennent un lien de causalité entre dollar élevé et pétrole bas. La devise américaine augmente depuis des mois contre les monnaies des principaux partenaires des États-Unis. Quand le dollar monte, il renchérit le prix d’achat du pétrole, libellé en billet vert, pour les pays émergents dont les devises baissent. Les marchés anticipent dans ce cas une baisse de la demande, ce qui fait baisser le prix du baril. Cette corrélation est de nouveau observée.

• Les stocks de pétrole sont actuellement très abondants, partout dans le monde. C’est une conséquence de la surproduction. Mais l’automne, remarquablement doux dans plusieurs régions du monde, en particulier en Europe, a pu contribuer à réduire la demande de fioul et à gonfler les stocks.

Jusqu’où la baisse va-t-elle continuer?

La banque Goldman Sachs, influente sur le marché du pétrole et qui ne craint pas les avis tranchés, a indiqué cet automne à des clients qu’un baril à 20 dollars dans les prochains mois lui semblait possible. Un prix aussi bas conduirait à de nombreuses fermetures de puits dans le monde, qui ne seraient plus rentables à exploiter. Ce qui provoquerait une pénurie donc une remontée progressive des prix.

La question est de savoir effectivement à partir de quel prix la l’offre s’asséchera. Il y a encore quelques mois, la plupart des spécialistes estimaient qu’en-dessous de 50 dollars le baril, la production de pétrole de schiste américaine, bien plus coûteuse que les barils saoudiens à 20 dollars, serait contrainte de stopper. Daniel Yergin, patron du cabinet d’études IHS et spécialiste renommé du pétrole, cité dans le Wall Street Journal de lundi, indique que certains pétroliers américains sont parvenus à réduire leurs coûts de manière spectaculaire en quelques mois, et sont désormais rentables avec un baril à 35 dollars.

Les conséquences sur l’économie congolaise

La RDC perçoit en moyenne 450 millions de dollars l’an des pétroliers producteurs.

Selon le Gouv de la BCC, Déo Mutombo, les pétroliers producteurs opérant à Muanda versent chaque mois à l’Etat quelque USD 38 millions. Mais à la suite de la dégringolade des cours mondiaux du baril de l’or noir, ces recettes devraient être divisées par deux voire par 4 , a fait comprendre , il y a encore quelques semaines le Gouv de la BCC.

Au premier trimestre 2015, le ministre des Finances, Henri Yav Mulang, a attesté que les pétroliers producteurs n’ont même pas atteint les 30 millions de dollars. Juste quelque 29.818.290, 61 dollars. Les pétroliers producteurs n’ont même pas pu verser en trois mois ce qu’ils auraient dû lui donner en un mois. Et au second trimestre, les recettes n’ont guère connu de sensibles augmentations. Selon les chiffres fournis par le ministère des Finances,

Alors que des voix s’élèvent au sein même de la majorité au pouvoir pour décrier la politique de non endettement du cabinet Matata, PERENCO REP principale exploitant pétrolier au large de Muanda serait sur le point d’abandonner le pétrole pour le gaz dans la même où quasiment tous les puits sont à sec. Longtemps brûlé par torchère, PERENCO compte à moyen terme exploiter quelque 30milliards de m 3 dont 10 milliards en onshore.

Sur terrain, en effet, PERENCO/R-dC opère à travers 3 sociétés à savoir MIOC, Muanda International Oil Company, qui exploite le pétrole en offshore, avec 2 entreprises partenaires, le Japonais TEIKOKU et une filiale du groupe formé par l’Américain CHEVRON et le français TOTAL, ODS. Cependant Muanda International Oil Company dispose des parts majoritaires, soit 50%. Sur les champs terrestres, en on shore, PERENCO exploite l’or noir à travers deux autres entreprises : PERENCO REP-qui dispose de 55% des parts- et LIREX qui détient 45% d’actions dont 15 reviennent à la Congolaise des hydrocarbures, COHYDRO.

Encore actionnaire unique de la COHYDRO SA(RL), l’Etat r-dcongolais, sied-t-il de le rappeler dispose également de 20% des parts dans les sociétés concessionnaires off shore. Naturellement, la croissance des recettes des exportations du groupe PERENCO ne peut que profiter à la Congolaise des hydrocarbures, contrairement à certaines idées reçues qui, malheureusement ont fait de vieux os au sein de l’opinion publique, dans le Bas-Congo, particulièrement.

Direct.cd,
Avec AFP et Lemonde.fr