Des cartes d’électeurs falsifiées en circulations

Dans un communiqué rendu public par la CENI, Corneille Nangaa fustige la mise en circulation irrégulière de ces cartes d’électeurs « imprimées en dehors du circuit normal de l’institution ».

Déjà, 22 cartes aux mains de réfugiés burundais, fustige le président de la CENI, Corneille Nangaa.

A dix mois de la présidentielle, la Commission électorale nationale indépendante tire la sonnette d’alarme. Corneille Nangaa fait état de la présence des cartes d’électeurs falsifiées en circulation. Une situation qui interpelle et appelle vivement à la mise à jour du Fichier électoral, à l’émission de nouvelles cartes d’électeurs et, bien entendu, au dialogue. Ce Forum national censé solutionner toutes ces préalables aux élections voulues crédibles.

Vingt-deux cartes d’électeurs ayant servi aux dernières élections en RDC ont été interceptées aux mains d’un groupe de réfugiés burundais, dans la province du Sud-Kivu. Interpellée, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) appelle l’Officier du ministère public compétent « de se saisir de ces cas de fraude pour protéger l’intégrité du fichier électoral ». Dans un communiqué de presse rendu public hier dans la nuit, Corneille Nangaa reconnaît la mise en circulation irrégulière de ces cartes d’électeurs « imprimées en dehors du circuit normal de l’institution ».

Dans ses clarifications, la CENI confirme que « toutes les cartes saisies affichent des photos scannées et non capturées au centre d’inscription des électeurs de la CENI ». De même que les signatures retrouvées sur les 22 cartes d’électeurs interceptées qu’il taxe d’être « fausses, puisqu’elles ne correspondent pas aux spécimens de signatures des chefs des centres d’inscription des électeurs contenus dans la base des données de la CENI ».

Pour le président de la CENI, l’enquête interne ouverte à ce sujet devrait démontrer que les « codes des centres d’inscriptions indiqués sur ces cartes sont soit erronés, soit incohérents ».
 Des cartes d’électeurs hors du circuit normal de la CENI ne violent pas seulement l’article 26 de la Loi n°04/028 du 24 décembre 2004 portant identification et enrôlement des électeurs, comme l’a bien spécifié la CENI dans sa clarification. Elles ramènent surtout à la surface la fameuse question autour de la révision constitutionnelle. Celle-ci est cruciale pour la crédibilité du processus électoral en RDC, mais aussi une source de tension entre Majorité et Opposition.

Récemment, une mission de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a rendu public un rapport d’audit sur le fichier dont dispose la CENI et a estimé le corps électoral à un peu plus de 30,7 millions d’électeurs.

L’OIF a relevé que le fichier électoral, même s’il a été officiellement « stabiliser » ou  « fiabilisé » ne peut permettre d’organiser des élections répondant aux standards internationaux.

Pourtant, entre l’élection de 2011 et aujourd’hui, la Commission électorale a déjà radié pas moins de 840.000 inscrits, des doublons, et il y en aurait encore 250.000 à 300.000, selon cette mission d’audit de l’OIF.

Rachidi Mabandu/Forum des As

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