Dialogue : le « Oui, mais » d’Etienne Tshisekedi

S’il est vrai que l’irréductible opposant tient au dialogue politique, cependant, il ne s’inscrit pas dans la logique du chef de l’Etat et de la Majorité et réitère sa position de voir les discussions se dérouler sous la médiation internationale. Il l’a réaffirmé, dans son dernier message de vœux au peuple congolais fait depuis Bruxelles où il poursuit sa convalescence.  

Toujours égal à lui-même, l’opposant Etienne Tshisekedi, en convalescence à Bruxelles, vient de briser le silence à travers son message de vœux adressé au peuple congolais. Un message daté du 31 décembre mais dont le contenu n’a été finalement porté à la connaissance du public que le dernier week-end. Le moins qu’on  peut dire est que le « Sphinx de Limete » adhère au principe du dialogue, mais pas de manière aveugle. L’irréductible opposant revendique le fait d’avoir été parmi ceux qui avaient préconisé le dialogue politique comme voie royale susceptible de permettre « de rebâtir le pacte républicain et le régime qu’il induit, de trouver les voies et moyens en vue de sortir de l’impasse politique actuelle et d’obtenir par voie consensuelle, un processus électoral crédible et apaisé ». Rappelant que ce dialogue tire sa source de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et des résolutions subséquentes du Conseil de sécurité des Nations unies, il réitère sa position de voir les discussions se dérouler à Kinshasa sous la médiation internationale, et avec comme témoin, l’ensemble du peuple congolais.

L’enjeu de ce forum, fait-il savoir, est de reconstruire et de réinventer le pacte républicain, ou mieux, l’accord global et inclusif scellé par l’ensemble de la classe politique congolaise à Pretoria en 2003 et rompu suite à la violation récurrente des règles convenues du jeu démocratique. Au-delà de l’impératif du dialogue auquel il souscrit en tant que chantre de la lutte non violente, Etienne Tshisekedi prône en même tant l’alternance politique comme l’unique voie de sortie de la crise. C’est à ce prix, pense-t-il, que ses compatriotes pourront entrevoir la possibilité de vivre heureux et de prospérer sur la terre de leurs ancêtres. Il prône également la défense de la Constitution et des délais qu’elle prescrit.

Le leader de l’UDPS qui n’a jamais digéré sa défaite électorale lors de la présidentielle de 2011 a saisi l’occasion pour exhumer ce vieux contentieux qu’il voudrait voir être réglé une fois pour toute avec, à la clé, un sévère réquisitoire contre l’actuelle coalition au pouvoir à qui il attribue la responsabilité du chaos généralisé dans lequel le pays est actuellement empêtré. N’adhérant pas au schéma du glissement, Etienne Tshisekedi s’inscrit dans la logique des élections en se fixant le cap de tout mettre en œuvre pour la tenue en 2016 des législatives nationales et de la présidentielle. « L’année 2016 qui commence doit être une année électorale. Une année de tous les espoirs. Une année cruciale et décisive, une année qui permettra aux congolais d’exprimer à travers les urnes leur engagement pour un État de droit », indique-t-il. Là-dessus, il plaide pour la refonte de la Céni qui demeure, selon lui, « le vecteur principal du dévoiement de notre processus électoral et démocratique » tout en s’engageant à favoriser un transfert pacifique du pouvoir dans le respect de l’expression du peuple congolais.

Enfin, l’opposant historique qui annonce son retour imminent au pays, indique qu’il prendra incessamment l’initiative de rassembler et de canaliser les énergies de toutes les forces acquises au changement. L’objectif visé est de défendre valablement les valeurs de la République telles que scellées  dans la Constitution, et d’obtenir un consensus sur un processus électoral crédible. Il veut que l’opposition, dans son ensemble, puisse s’impliquer dans l’organisation des élections présidentielle et législative dans les délais constitutionnels et dans un climat apaisé.

Avec ADIAC
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