Le chairman de TP Mazembe a officialisé son appartenance au Front citoyen, donc à l’Opposition. On dit également qu’il est derrière le G7. Du coup, personne n’imagine que sa probable candidature à la présidentielle ne puisse intervenir sans la bénédiction de tous ses alliés de ces deux regroupements qui, du reste, le couvrent d’éloges et paraissent disposés à s’effacer à son profit.

Moïse Katumbi ira : une bonne frange de l’Opposition veut, en tout cas, y croire. L’intéressé, lui, assure que rien n’est encore fait jusque-là. Il n’a pas encore officiellement pris sa position. Mais une partie de la troupe réclame sa candidature à la présidentielle. Certains font valoir que s’il y va, ça ne sera pas pour faire de la figuration. A l’évidence, le débat fait rage. Alors que la Majorité est en campagne pour le dialogue national politique inclusif, Katumbi fait le siège du plus populaire des potentiels candidats issus de l’Opposition.

Moise Katumbi se fait désirer à l’Opposition. Le 3 janvier à Lubumbashi, l’ex-gouverneur de l’ex-Katanga a annoncé son appartenance au Front citoyen 2016. Le 4 janvier, son principal lieutenant, Salomon Kalonda Dela a enfoncé le clou sur Twitter : «Hier, Moise Katumbi a réaffirmé son appartenance au Front citoyen 2016 pour une opposition démocratique». Buzz sur la toile et dans les médias. C’est devenu familier: chaque fois que Moïse s’exprime, c’est un événement. Les titres et les commentaires en disent long. «Pour couper court aux rumeurs, Moise Katumbi rejoint le Front citoyen 2016», titre quotidien Le Phare. Radio Okapi renchérit, de son côté: «Moise Katumbi: 2016, c’est l’année où il y aura la première alternance dans notre pays»…

L’ancien député national souhaite également une candidature unique de l’Opposition à la prochaine présidentielle, sans évidemment évoquer son ambition personnelle. Il indique tout de même avoir rencontré plusieurs personnalités de l’Opposition dans ce sens. La démarche n’est pas moins stratégique. A en croire le pertinent confrère Lolo Luasu de la Cité Africaine, Katumbi entreprend de «s‘acheter à peu de frais une image de rassembleur de toutes les forces politique de l‘Opposition et cela lui permet aussi de disposer éventuellement des appuis au sein de la majorité actuelle au cas où celle-ci se retrouverait en panne de leader».

En attendant cette contingence, Katumbi a indéniablement acquis la stature de leader. Indice : presque tous les chefs de l’Opposition membres du Front citoyen le chouchoutent et il les leur rend bien. S’ils ne vont pas à sa rencontre à Lubumbashi, ils négocient ensemble un rendez-vous durant ses déplacements à l’étranger. On l’a vu avec Kamerhe, Ewanga et Lubaya en octobre dernier à Lubumbashi. Quelques jours après, il a signé un accord avec Félix Tshisekedi et Samy Badibanga de 1’UDPS à Paris. Il entretient des bons rapports avec les ténors du G7. Kyungu l’a déjà choisi comme son candidat en 2016. La dynamique est donc favorable. Katumbi ira: une bonne frange de l’Opposition veut, en tout cas, y croire.

L’intéressé, lui, assure que rien n’est encore fait jusque-là. Il n’a pas encore officiellement pris sa position. Mais une partie de la troupe réclame sa candidature à la présidentielle. Certains font valoir que s’il y va, ça ne sera pas pour faire de la figuration. Alors que la Majorité est en campagne pour le dialogue national politique inclusif, Katumbi fait le siège du plus populaire des potentiels candidats issus de l’Opposition. La candidature de cet homme désormais positionné comme principal joker couronnerait ce dispositif. Puisque personne n’imagine qu’elle puisse intervenir sans la bénédiction de toutes ces têtes couronnées qui le couvrent d’éloges. Elle donnerait à la bataille pour la présidentielle une vraie dimension nationale. Au- delà de Katumbi lui-même, ce sont tous ces chefs de l’Opposition et leurs partis qui se rangeraient dans la campagne à ses côtés. Les inconnues dans ce scénario probable demeurent l’attitude de 1’UDPS et, pourquoi pas, le comportement de Kamerhe ou de Freddy Matungulu, le transfuge du FMI déjà lancé dans la course. Personnalité Jeune Afrique de 2015, le même magazine cite Katumbi parmi les hommes attendus en 2016.

Par AKM