Ces personnalités qui ont marqué l’année 2015

Il serait contre productif et irresponsable de laisser « des sondages » monnayés arroser l’opinion par des manipulations éhontées et indigestes. Un passage au crible des acteurs qui ont réellement et positivement marqué l’année 2015 permettra d’entrevoir l’année 2016 éminemment électorale donc très politisée avec des données fiables, objectives. Une shortlist qui passe au crible les protagonistes, encore en lice, conformément aux prescrits de la Constitution en vigueur en République démocratique du Congo. Ils sont de la Majorité, de l’Opposition et de la société civile. Ces personnalités qui méritent reconnaissance de la Nation sont peu nombré uses cette année.

Ils ont retenu l’attention au courant de l’année 2015 à la suite des actes posés pendant l’exercice. Ceux qui ont excellé par des positions contraires au bon sens ne son pas concernés par cette analyse qui se veut objective, basée simplement sur des faits vérifiables.

Indéniablement, Moïse Katumbi, l’ex gouverneur du Katanga est massivement cité pour son courage politique. Il a quitté le parti présidentiel, le PPRD à travers cette phrase qui restera longtemps gravée dans les esprits: « Au moment où nous, peuple congolais, entrons dans la dernière ligne droite du dernier mandat constitutionnel du président de la République, les faits indiquent que depuis maintenant un an, tout est mis en œuvre pour ne pas respecter la constitution en entretenant retard, flou et Illisibilité du cycle électoral et en élaborant une stratégie de glissement des dates des scrutins ».

Faisant preuve d’un courage politique exceptionnel, il s’est adressé à l’Autorité morale de la Majorité présidentielle. Puis, il a empoigné son bâton de pèlerin pour rallier du monde qui compte à sa cause. Aucun acteur politique ou social de la RDC ne peut prétendre n’avoir pas été approché par le président de Tout puissant Mazembe. Après la métaphore des penalties, Moïse Katumbi est resté homme d’Etat, assistant à des inaugurations et autres cérémonies officielles. Pour le Congolais anonyme, plus de doute, Katumbi Chapwe incarne l’espoir d’une alternance au sommet de l’Etat. Plutôt que de se précipiter, «l’homme des penalties » construit sa stratégie brique par brique. Patiemment. Le flegme de Moïse Katumbi séduit, rassure tout le monde sur la capacité de transcender des différences et des craintes exprimées par les uns et les autres.

Un autre fait constitutif de courage politique et de sens élevé de responsabilité, il y a le groupe de sept partis politiques qui ont claqué la porte de la MP afin de « protéger la Constitution ». « L’auto exclusion » n’était-elle pas qu’une stratégie de mettre à nue la MP? Les sept savaient que cette troisième fois allait marquer « la rupture », leur avait déclaré Aubin Minaku quelques jours avant. Pierre Lumbi, Olivier Kamitatu savaient qu’en signant cette troisième correspondance, ils quitteraient les juteux postes qu’ils occupaient. Charles Mwando Nsimba comme 1er vice-président de l’Assemblée nationale, Modeste Mutinga comme Rapporteur du Sénat, Bolenge Tenge comme ministre des Affaires foncières, Jean-Claude Kibala comme ministre de la Fonction publique, Dr Mulisho du prestigieux poste de secrétaire général adjoint de la MP, … ont inaugure une nouvelle culture politique au pays : la démission dans l’intérêt supérieur de la nation. Une mention particulière au Mouvement social pour le renouveau (MSR) qui a résisté pendant quelques mois en restant uni en bloc.

INNOVATION ET PERSEVERANCE

Adolphe Muzito rafle la palme de l’innovation. L’ancien Premier ministre s’est jeté totalement dans la production intellectuelle. L’économiste, l’inspecteur des Finances, l’ancien ministre du Budget et Premier ministre trépigne d’envie de mettre à la disposition des Congolais une masse d’informations sur la gouvernance du pays. Ses tribunes ne font pas des cadeaux. Tout est nommé sans faux-fuyant. Cela a dérangé dans certains milieux des durs de la MP et du Palu. Suspendues, elles ont cédé la place à «des universités populaires». La stratégie a fait mouche auprès des jeunes et vieux qui bravent la pluie et autres intempéries pour suivre ces enseignements dénués de toute connotation politicienne. En 2016, s’il obtient l’accompagnement de son parti, Adolphe Muzito pourrait réussir le pari d’une vraie mobilisation des masses autour des questions qui touchent à la nation dans son essence. A la place de la polémique stérile, Muzito traîne le peuple vers ce qui le concerne dans son existence. Il a promu durant cette année 2015, une réelle « éducation à la citoyenneté » qui doit être plutôt l’affaire de tous et non d’un seul homme, qui est en prime est combattu par ceux- là même qui devraient l’écouter!

Le Premier ministre Matata Ponyo obtient le brevet de la persévérance. Il avait obtenu mandat de matérialiser la vision du chef de l’Etat. Malgré la conjoncture particulièrement difficile, « l’homme à la cravate rouge » s’est entêté à opérer des miracles avec les ressources propres de la RDC. « C’est le malade qui a besoin du médecin, lorsqu’il se sent mal. Pas le contraire », ne cesse-il de répéter. Sans l’assistance du Fonds monétaire international (FMI), Augustin Matata a opéré des investissements palpables. Des inaugurations se sont succédé à un rythme soutenu en 2015. Il serait fastidieux de les citer toutes au risque d’en oublier.

ET L’UDPS, …, ET LA CENCO

Enfin Etienne Tshisekedi à qui revient le mérite de fin stratège. Alors que son parti évolue en pièces détachées, et que sa santé n’est pas au point suite au poids de l’âge et de la maladie, l’opposant historique fait aujourd’hui l‘objet de toutes les sollicitations. Les pèlerinages ne se comptent plus. Lui et son parti l’UDPS tiennent la clé de la crédibilité du « dialogue politique national inclusif ». Qui l’eut cru?

Quant à la Conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco, elle s’est illustrée par des prises de position qui démontrent sa détermination à ne pas tergiverser par rapport à la Constitution. Chaque fois, les évêques ont Interpelé les dirigeants, Ils chutent par des propositions pratiques pour faire avancer.

Pour clôturer l’année, ils ont empoigné le bâton de pèlerin avec comme objectif de pousser tout le monde au dialogue national. Stricts et sans ambages sur le respect de la Constitution, les évêques ont cependant vu tout le monde afin de les convaincre aux vertus du dialogue. Ce qu’ils avaient proposé depuis 2011, sans être écoutés ni suivis par les dirigeants. Jusque-là, la Cenco est restée égale à elle- même et mérite de la nation une reconnaissance particulière dans la recherche de la paix alors que la Majorité promet la guerre et l’opposition fait agiter le spectre de l’insurrection.

Henry Thomas Lokondo a décroché la palme du député le plus indépendant et le plus pertinent dans ses interventions. Bien que de la Majorité présidentielle, l’élu de Mbandaka s’est toujours rangé du coté du bon sens au détriment des mots d’ordre. Pour lui, le vrai défi est de resté arrimer aux attentes du peuple et non dans les considérations qui ne cadrent pas avec les intérêts de la population.

Par LP

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