Assassinat du colonel Mamadou Ndala : Deux ans de mystère!

Qui a commandité l’assassinat, près de Beni ville, au Nord Kivu, du colonel Mamadou Moustapha Ndala, 35 ans, commandant du 42ème bataillon commando de l’unité de réaction rapide des Forces armées congolaises (FARDC) ? Quid du sort réservé à son aide de camp, le capitaine Moïse Banza, arrêté manu-militari le 18 janvier de la même année par des éléments de la garde prétorienne de « Joseph Kabila »? Deux questions qui restent sans réponse. Deux ans après.

Deux années après l’attaque à la roquette qui coûta la vie, le 2 janvier 2014, au colonel Mamadou Moustapha Ndala ainsi qu’à un soldat qui l’accompagnait dans son véhicule de commandement, le mystère reste complet. « L’attaque a été menée par des rebelles ougandais de l’ADF-Nalu », avait déclaré précipitamment le ministre de la Communication et des médias, l’impayable Lambert Mende Omalanga, avant de se rétracter en faisant état de plusieurs arrestations dans les rangs des FARDC.

Le procès organisé à partir du mois d’octobre de la même année par la cour militaire opérationnelle n’a guère fait éclater la vérité. Et pour cause, les enquêtes ont été menées par des officiers connus comme étant des « hommes de main » de « Joseph Kabila ». C’est le cas du général Timothée Mukuntu Kiyana, conseiller au conseil national de sécurité. Sans omettre le général Muhindo Akilimali, alias Moundos, qui passe pour un des « exécuteurs des basses oeuvres » du « raïs ».

Selon radio Okapi, des jeunes gomatraciens ont réclamé, samedi 2 janvier 2016, l’ouverture d’un vrai procès sur cette affaire. On imagine que l’objectif est de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de la disparition de ce valeureux fils du pays. Fin février 2014, la représentation de l’Asadho/Beni (Association africaine des défenses de droits de l’homme section de Béni) avait proposé aux autorités judiciaires d’organiser un procès public dans cette ville. Le verdict prononcé par la juridiction précitée a laissé non seulement les habitants de Goma mais aussi ceux du reste du pays sur leur faim.

Inutile de dire que deux années après ce crime aux allures de « meurtre sur ordonnance », des questions continuent à tarauder les esprits : Qui a assassiné le colonel Mamadou Moustapha Ndala? Qui a commandité ce crime? Quel en est le mobile?

Le samedi 18 janvier 2014, des Kinois ont assisté à une scène surréaliste. Il s’agit de l’arrestation musclée du capitaine Moïse Banza. Celui-ci assumait les fonctions d’aide de camp du regretté colonel Ndala. L’opération était menée par des éléments de la garde présidentielle de « Joseph Kabila ». Le sous-officier se trouvait dans un véhicule en compagnie des journalistes de France 24 et de Radio France Internationale. Il s’apprêtait manifestement à dire « sa part de vérité » sur la mort de son chef. Dieu seul sait cette vérité.

Comme à son habitude, le ministre Lambert Mende s’empressa de déclarer : « Moïse Banza était recherché depuis près d’une semaine pour ne pas avoir répondu à l’ordre de retourner à Beni et de se présenter devant la justice militaire ». Le problème? Banza n’a plus jamais été revu. Il était le grand absent au procès ouvert à Beni en octobre 2014.

Comme dans un film de série noire, le 2 octobre 2014, le sergent-major Ngabu est décédé au lendemain de son audition. Il était au volant du véhicule de commandement du colonel Ndala au moment de l’attentat. Coïncidences?

Surprenant est l’omerta observé par les journalistes français qui se trouvaient en compagnie du capitaine Banza. Leur mutisme jusqu’à ce jour est assimilable à la non-assistance à personne en danger. Un vrai scandale pour des médias publics.

La vérité triomphera. Tôt ou tard!

B.A.W
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