Ces politiciens que Kabila a emprisonné durant l’année 2015

Au cours des douze derniers mois, le pouvoir a réduit au silence plusieurs personnes qui s’opposaient, à travers des déclarations, aux tentatives de report du scrutin présidentiel prévu en novembre 2016 et de prorogation du mandat du président Joseph Kabila.

Selon la Constitution, le président Kabila dont le second et dernier mandat expire en décembre 2016, ne doit plus briguer un autre mandat présidentiel. Les préparatifs des élections de novembre 2016 n’ont pas encore commencé.

C’est dans cette psychose que plusieurs personnes ont été arrêtées au cours des douze derniers mois, après avoir dénoncé les tentatives visant à proroger le mandat de Joseph Kabila ou participé à des manifestations pacifiques ou d’autres activités politiques. Ces compatriotes victimes de leurs opinions et de l’intolérance politique sont actuellement détenues à la Prison centrale de Makala. C’est le cas, entre autres de :

1. Vano Kalembe Kiboko : Ex-parlementaire membre de la coalition majoritaire de Kabila, arrêté le 29 décembre 2014 après avoir publiquement critiqué la violente répression policière d’une manifestation organisée au Katanga et les tentatives visant à permettre à Kabila de briguer un troisième mandat.

Il est détenu à la Prison centrale de Makala, reconnu coupable et condamné à trois ans de prison depuis le 14 septembre pour haine raciale et tribalisme, et pour avoir « répandu de fausses rumeurs ». Procédure d’appel en cours.

2. Jean-Claude Muyambo : Président du parti politique Solidarité congolaise pour la démocratie et le développement (SCODE) et ex-président du Barreau du Katanga, arrêté à Kinshasa le 20 janvier après avoir mobilisé pour la participation aux manifestations contre les propositions de changement de la loi électorale.

Détenu à la prison centrale de Kinshasa puis transféré dans un centre de santé où il est traité pour des blessures infligées lors de son arrestation, il est en jugement pour « abus de confiance » et pour avoir vendu un bâtiment qui ne lui appartenait pas, probablement sur la base d’une plainte déposée contre lui par un client en 2002 – et retirée par la suite – dans sa province natale du Katanga.

3. Christopher Ngoyi : Défenseur des droits humains impliqué dans la mobilisation de la population pour participer aux manifestations contre les propositions de changement de la loi électorale, il a été arrêté le 21 janvier et détenu par l’ANR pendant 20 jours avant d’être transféré à la Prison centrale de Makala où des procédures judiciaires sont en cours.

4. Ernest Kyaviro : Dirigeant d’un parti politique d’opposition, il a été arrêté à Goma le 22 janvier lors de la semaine des manifestations contre les propositions de changement de la loi électorale. Transféré à Kinshasa et détenu à l’ANR pendant 86 jours avant d’être transféré à la Prison centrale de Makala, il est reconnu coupable et condamné à trois ans de prison le 18 septembre pour provocation et incitation à la désobéissance envers les autorités publiques. Procédure d’appel en cours.

5. Fred Bauma : Activiste du mouvement Filimbi, une plateforme qui encourage les jeunes congolais à remplir leurs devoirs civiques pacifiquement et de manière responsable, et de LUCHA, il a été arrêté le 15 mars et conduit à l’ANR où il a été détenu pendant 50 jours avant d’être transféré à la Prison centrale de Makala où des procédures judiciaires sont en cours.

6. Yves Makwambala : Activiste de Filimbi arrêté le 15 mars et détenu à l’ANR pendant 40 jours avant d’être transféré à la Prison centrale de Kinshasa, Les procédures judiciaires pour son cas sont encore en cours.

7. Léon Nguwa : Etudiant à l’Université de Kinshasa, il est accusé en mars, soupçonné d’imprimer des tracts appuyant le dirigeant de l’opposition Vital Kamerhe, lors de son procès devant la Cour suprême de Justice. Il aurait été transféré au parquet début décembre, après avoir été détenu pendant presque neuf mois à l’ANR.

8. Joël Bokoru : Etudiant à l’Université de Kinshasa, arrêté en mars pour son dynamisme au sein de l’UNC de Kamerhe. 9. Giresse Bangomisa : Etudiant à l’Université de Kinshasa, arrêté en mars alors qu’il imprimait des tracts appuyant Kamerhe. Il aurait été transféré au parquet début décembre, après avoir été détenu pendant presque neuf mois à l’ANR.

10. Junior Mapeke N’Labu (« Radek Suprême ») : Musicien congolais arrêté en mai et accusé d’entretenir des liens avec Filimbi. Détenu à l’ANR sans inculpation ni accès aux avocats.

11. Jerry Olenga : Membre du parti politique d’opposition FONUS, arrêté le 4 novembre après avoir assisté à une conférence de presse du président de son parti. Transféré à la Prison centrale de Makala après avoir été détenu pendant un mois à l’ANR.

12. Paulin Lody : Membre du parti politique d’opposition FONUS, arrêté le 4 novembre après avoir assisté à une conférence de presse du président de son parti. Transféré à la Prison centrale de Makala après avoir été détenu pendant un mois à l’ANR.

A ces victimes, il faut ajouter aussi une dizaine de membres de Lucha arrêtés lors d’une manifestation à Goma le 28 novembre et détenus à la Prison centrale de Goma (Munzenze). Ces personnes sont toutes accusées de rébellion, incitation à la désobéissance, outrage envers les autorités, association de malfaiteurs, coups et blessures volontaires, et destruction méchante.

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