Dialogue : Kabila lâché par l’UDPS

Qui a dit que l’UDPS était prête à renier son engagement à se battre pour l’émergence d’une vraie démocratie en République démocratique du Congo ? Ce serait mal connaître son président Etienne Tshisekedi. 

En prenant langue avec les délégués du chef de l’Etat, Joseph Kabila, dans le cadre du dialogue proposé par ce dernier, d’aucuns avaient tout de suite cru qu’Etienne Tshisekedi s’était engagé sur la voie de la trahison. Pas du tout. Le sphinx de Limete sait entretenir le mythe autour non seulement de sa personne mais aussi de son combat politique. Il vient d’en donner la preuve en se détournant complètement de la voie choisie par le chef de l’Etat dans son projet de dialogue.

En effet, la lettre de Tshisekedi du 1er décembre 2015  – lettre par laquelle il faisait part de sa désapprobation – a donné un coup d’arrêt au projet du chef de l’Etat. L’UDPS n’a pas cessé de surprendre. En adhérant depuis l’Ile de Gorée à Dakar (Sénégal) au « Front citoyen 2016 » – ce regroupement d’acteurs politiques et sociaux qui militent pour l’alternance au pouvoir en 2016 – l’UDPS a, d’une certaine manière, coupé le pont avec Kabila. L’attitude traduit un fait. Elle est la preuve que l’UDPS ne croit plus au dialogue que se propose de convoquer le chef de l’Etat.

 

En s’associant avec des partis ou des personnalités qui se sont fermement opposées au dialogue, à l’instar de Vital Kamerhe de l’UNC, Martin Fayulu de l’Ecidé, Eve Bazaiba du MLC…, l’UDPS a fait un choix qui le détourne complètement de la démarche de Joseph Kabila.

Considérée comme le principal allié de Kabila dans la convocation du dialogue, l’UDPS a assené un coup fatal aussi bien à la Majorité qu’à son autorité morale, Joseph Kabila. L’implication de l’UDPS dans le front de refus du dialogue dont les premiers jalons ont été jetés à l’Ile de Gorée (Sénégal) ne manquera pas d’influer sur les préparatifs du dialogue. Est-ce Kabila va aller jusqu’au bout de son initiative sans la caution de l’UDPS? Difficile à dire.

Pour le moment, Kabila est un homme seul, isolé. Dans son projet, il vient de perdre son principal allié, c’est-à-dire l’UDPS. De quel autre allié de taille dispose-t-il pour compenser le départ d’Etienne Tshisekedi ?  Que lui reste-t-il encore comme marge de manœuvre pour rebondir ? Difficile à dire.

Que dire alors du G7, dont le représentant, Olivier Kamitatu de l’ARC, n’a pas apposé sa signature à cet acte de création ? Evidemment, dans l’Opinion, l’on tente d’interpréter le geste d’Olivier. A l’officiel, le président de l’ARC a prétendu ne pas avoir obtenir l’autorisation de ses pairs de G7 pour engager toute la plate-forme. S’il en est ainsi, tant mieux. Sinon, le G7 doit clairement définir le sens de son  combat.

Dans tous les cas, on sait que la création du « Front citoyen 2016 » a porté un coup dur à la Majorité. Ce qui complique davantage l’équation du dialogue.

En s’engageant dans le front citoyen 2016 par le truchement de son secrétaire national chargé des relations extérieures, Félix Tshisekedi, l’UDPS s’est révélée au grand jour. Elle a lâché Kabila. Le mal ayant été fait, la grande inconnue reste cependant la réaction de Kabila.

En réalité, le dialogue était un biréacteur, avec d’un côté l’UDPS, et de l’autre, la Majorité présidentielle. L’avion du dialogue ayant perdu l’un de ses deux réacteurs, à savoir l’UDPS, Kabila pourrait-il être tenté de faire décoller le dialogue avec un seul réacteur, à savoir la Majorité présidentielle et tous les partis satellites de l’Opposition qui lui l’ont fait allégeance ? Mais alors, pour quel résultat ? C’est tout le problème. 

 

Ci-dessous la déclaration portant création du « Front citoyen 2016 ».

Le Potentiel

 

La Nation est en péril, congolais telema!! !

Lancement de « Front citoyen 2016 »

 

Deux grandes incertitudes pèsent sur la vie de la Nation congolaise depuis plusieurs mois maintenant: la tenue d’élections libres et démocratiques dans les délais constitutionnels, et le respect du principe de l’interdiction pour le Chef de l’Etat d’aller au-delà de deux mandats.

Il apparait de plus en plus clair que le changement de la Constitution est en cours, dans le but de modifier le système électoral et d’offrir ainsi à l’actuel Président de la République la possibilité de briguer un troisième mandat.

Tel qu’indiqué par plusieurs forces sociales et politiques qui défendent le principe de l’alternance démocratique en 2016, le Président KABILA, en invitant les délégués au dialogue récemment convoqué à « réfléchir sur un nouveau système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses », ne fait plus mystère de son intention délibérée de renverser le régime constitutionnel en vigueur pour se maintenir au pouvoir, en violation de son serment.

Le souvenir malheureux et douloureux des guerres et tribulations qui ont semé le désarroi dans la population congolaise et fait couler le sang de millions des filles et fils de notre pays à cause notamment d’une certaine façon d’accéder au pouvoir par la force, et de l’exercer au détriment du bien commun.

En janvier 2015 déjà, le sang a coulé suite à une autre tentative du pouvoir en place de contourner les dispositions constitutionnelles. Les Citoyens congolais ont alors démontré qu’ils ont pris conscience du fait que la sauvegarde du Congo dépend de chacun de ses enfants. Ils mesurent plus
que jamais leur responsabilité dans l’avènement d’une Nation réellement démocratique et soucieuse du bien-être de tous.

Cette volonté manifeste de changer de régime constitutionnel congolais persiste, malgré de nombreux appels répétés à la raison, lancés à travers des déclarations, des communiqués, des messages et des conseils avisés, tant par les forces sociales et politiques démocratiques, de l’intérieur et de la diaspora, que par les partenaires internationaux du Congo. Tous insistent sur l’importance du respect absolu de la Constitution de la République en ce qui concerne l’élection présidentielle, gage de paix et de stabilité.

Nous assistons à une véritable tentative de coup d’Etat constitutionnel!

La paix, l’unité et la stabilité de la RDC sont gravement menacées par de telles initiatives. La République est en péril.

Dès lors, face à la gravité de la situation que traverse notre pays,

Nous, Forces sociales et politiques,

Réunis le 19 décembre 2015 à Kinshasa, dix ans après l’adoption à 85% parle peuple congolais du referendum constituant de la Constitution du 18 février 2006, réaffirmons notre attachement à la défense de la Constitution;

Et, à 365 jours de l’échéance du second et dernier mandat du Président de la République actuel, avons décidé de mettre en commun nos forces, nos ressources humaines et matérielles, nos stratégies et nos actions, en créant un rassemblement Citoyen dénommé « Front Citoyen 2016 ».

« Front Citoyen 2016 » est un rassemblement inclusif de citoyens qui regroupe les congolais de la République Démocratique du Congo et de sa diaspora, membres des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des organisations politiques ainsi que les personnalités congolaises qui s’engagent à militer pour le strict respect de la Constitution.

Le « Front Citoyen 2016 » fait siens l’appel lancé par la CENCO ainsi que l’ensemble des actions prévues sur toute l’étendue de la République jusqu’à la marche pacifique de tous les chrétiens, pour consolider la démocratie, le 16 février 2016 à l’occasion de l’année jubilaire de la marche historique du 16 février 1992.

Le « Front Citoyen 2016» réitère cet appel et demande donc, au Peuple congolais, aux hommes et femmes de bonne volonté de se mobiliser, de s’engager et d’agir dans l’esprit de l’article 64 qui dispose: «Tout congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou tout groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».

Le Congo nous appartient à tous. Sa sauvegarde dépasse les intérêts individuels, d’ethnies, ou d’appartenance à une organisation politique ou de la société civile. Majorité, opposition, diaspora, Société civile, y compris les Mouvements citoyens, personnalités éminentes, femmes congolaises meurtries par la pauvreté et les conflits, jeunes et vieux … tous, mettons-nous d’accord sur le fait que le Congo nous appartient à nous tous et disons haut et fort :

– Non à un 3ème mandat!

– Non au glissement !

– Non à la violation de la Constitution !

– Non à la révision ou au changement de la constitution!

– Non au référendum!

Par conséquent, nous exigeons le déblocage du processus électoral, d’une part, par la publication au plus tard le 31 janvier 2016 d’un calendrier électoral consensuel, respectant le délai constitutionnel pour l’élection du prochain Président et intégrant la mise à jour du fichier électoral. Et d’autre part, le démarrage de la mise à jour du fichier électoral au plus tard le 10 février 2016, NOTRE LIGNE ROUGE.

 

De ce jour à la date ultime du 16 février 2016, un calendrier d’actions non violentes, tenant compte et renforçant les actions déjà planifiées par les membres du « Front Citoyen 2016 », sera rendu public.

L’Alternance doit avoir lieu en 2016!

 

« CONGOLAIS TELEMA »

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