Cédric Bakambu, ce Léopard qui explose

Cédric Bakambu a marqué les esprits au championnat d’Europe des moins de 19 ans en 2010 avec les Bleuets. A Sochaux, son club formateur et premier club professionnel, il a laissé de très bons souvenirs, comme nous l’a confié Eric Hely, qui l’a eu sous son aile pendant cinq années. Aujourd’hui, à 24 ans, Cédric Bakambu réussit en Espagne au Villarreal et porte le maillot de la RDC. Lumière sur ce Léopards qui explose.

A l’âge de 15 ans, Cédric Bakambu a quitté la région parisienne pour le centre de formation du FC Sochaux-Montbéliard où il a commencé à apprendre son métier dans le cocon doubiste. Depuis, il a bien grandi. Le 13 décembre dernier, victorieux du Real Madrid avec Villarreal (1-0), l’attaquant congolais Cédric Bakambu avait été encore une fois très bon, délivrant une passe décisive à Roberto Soldado. Une action pour résumer son influence : après un slalom échevelé et un grand pont, il a servi Jonathan dos Santos, dont la frappe s’est écrasée sur le poteau. Bakambu (6 buts dans cette Liga) a ensuite eu de multiples occasions.

« Avec Cédric, c’était facile »

Éric Hély, aussi repéré à l’âge de 14 ans par le FC Sochaux-Montbéliard, est devenu son entraîneur. L’actuel directeur du Centre de formation du club a côtoyé et accompagné Cédric Bakambu pendant toute sa période sochalienne. Lors de la saison 2012-2013, Eric Hély était en charge du groupe professionnel et Bakambu faisait une très bonne paire avec un certain Giovanni Sio.

« Après le centre de formation, il a très vite enchaîné les matches. Il était jeune donc forcément irrégulier. Mais il avait du potentiel », nous confie Eric Hély. « Avec Cédric, nous n’avons jamais eu le moindre souci. C’est un garçon qui travaillait bien à l’école, qui était très ouvert et sympa. C’était un bosseur sur le terrain. Sa progression a été linéaire, avec lui c’était facile ».

« On a toujours pensé qu’avec ses qualités, sa carrière finirait pas décoller. S’il a manqué parfois de régularité, je ne suis pas étonné de ce qu’il fait, résume Eric Hély. Avec moi, il a souvent été titulaire même s’il pouvait traverser des matches sans exister. Comme par exemple face à Aymen Abdenour et Toulouse. C’est normal, il était jeune ». Eric Hély n’oublie pas non plus qu’avec Sochaux, Bakambu a marqué des buts importants contre Paris, Lyon, Marseille ou encore Monaco.
Cédric Bakambu-villareal

Cédric Bakambu redonne de l’espoir.

A son arrivée de Bursaspor (Turquie) cet été, Cédric Bakambu a confirmé match après match son adaptation expresse au football espagnol. En Turquie, en une saison, il avait « planté » 21 buts en 39 rencontres. « Il a une superbe vitesse de percussion et il est loin d’être maladroit », note Eric Hély. En une semaine, il avait inscrit cinq buts sous ses nouvelles couleurs turques qu’il avait choisis sur les conseils du sénégalais Alfred N’Diaye. « En signant ici, je veux marquer un maximum de buts et surtout prendre du plaisir en jouant autre chose que le maintien », disait le nouveau Léopard.

Mais jusqu’où peut aller Bakambu ? « Comme c’était un joueur rapide, quand il arrivait devant le but, il pouvait parfois manquer de sang-froid. Mais avec l’expérience, cela se corrige », précise Eric Hély qui trouve que ce qu’il fait pour l’instant est « pas mal ». Mais il ne faut pas qu’ « il oublie » ses lentilles de contact comme nous le raconte son ancien coach ! Cette souriante anecdote démontre que les jeunes ont toujours besoin d’apprendre pour aller vers le haut niveau.

Cédric Bakambu avait demandé les conseils d’Eric Hély avant de dire oui à la sélection congolaise. Il avait remporté l’Euro 2010 des moins de 19 ans avec l’équipe de France et pouvait peut-être espèrer jouer avec les Bleus. « Je lui avais dit d’attendre un peu, ce qu’il a fait. C’était une belle marque de confiance que de venir me demander ce que j’en pensais. Il a dit oui une année plus tard », relate Eric Hély.

Finalement, c’est grâce au football que Cédric Bakambu a pu découvrir son pays d’origine. Et pour ses premiers pas en RDC, il y avait déjà des banderoles à son nom. « Ils ont vu que le petit Cédric avait bien grandi », balance le joueur du Villarreal.