DIRECT.CD —  Quand bien même qu’elles acceptent d’exposer leur corps du jour au lendemain à cause de ce qu’elles considèrent comme job, ces femmes ne se donnent pas la peine de la signature d’un contrat de travail afin de garantir leur passage dans ces orchestres et ne sont, parfois, payées que par la sueur de leurs… cuisses!

Bon nombre de femmes danseuses évoluant dans différents orchestres en République démocratique du Congo sont utilisées pour les intérêts des propriétaires de ces groupes musicaux. En effet, la musique est considérée pour certains comme un travail rémunérateur. Ce travail est pris comme étant le pain quotidien de certains fils et filles du pays.

Mais actuellement, il se trouve à la base des anti-valeurs qui se sont installés dans le pays. La musique de nos jours commence à décevoir des hommes avertis. On y trouve, beaucoup d’actes immoraux portant atteinte aux moeurs et à la pudeur dans la société congolaise.

Parmi ces actes qui ne répondent pas aux normes de la culture congolaise, on note l’exhibition des danses obscènes par des femmes le port des tenues non descentes par ces danseuses exposant les parties sensibles du corps. Ces danseuses considérées pour certains comme stars de la musique congolaise sont utilisées par les patrons des orchestres pour des fins bien déterminées.

Elles sont exposées et sacrifiées pour les intérêts propres aux propriétaires des groupes. Elles sont mises à la portée de tout le monde, du public sans pour autant tenir compte de la personnalité qui n’a pas de prix et donc qu’il convient de protéger et défendre. Quand bien même qu’elles acceptent d’exposer leur corps du jour au lendemain à cause de ce qu’elles considèrent comme job, ces femmes ne se donnent pas la peine d’exiger la signature d’un contrat de travail afin de garantir leur passage dans les orchestres. Elles sont payées quotidiennement.

Cette rémunération intervient quand elle peut, et disparaît quand les exigences de la vie ne permettent plus. Conséquence, les danseuses sont renvoyées selon le tempérament du propriétaire du groupe. En ce moment elles ne savent plus à quel Saint se vouer, et quittent tout bonnement l’orchestre sans se rendre compte des préjudices subis et des réparations que ceux-ci pouvaient entraîner. Par ailleurs, les femmes danseuses sont elles-męmes co-auteurs des préjudices qu’elles subissent et ne peuvent se mettre en tête une quelconque réparation.

Une autre conséquence est que les danseuses bien que sacrifiées, s’appauvrissent et les patrons s’enrichissent au détriment des femmes dont la personnalité est mise à l’épreuve. Le danger est que cette situation entraîne la dépravation des moeurs.

Ceci a des répercussions dans nos sociétés, car bien des jeunes, particulièrement des jeunes filles imitent et donc s’adonnent à la pratique des ces actes qui sont contraires aux valeurs défendues par la Rd Congo.

L’itinéraire de la femme dans la musique

mbilia-bel

La femme congolaise est dans la musique depuis les années 50. L’artiste musicienne Lucie Moseka est citée parmi les pionnières. Elle a été la première femme congolaise enregistrée sur disque. Son chef d’śuvre « Bolingo ya ba la joie » a fait succès et continué à faire danser les âmes sensibles. Photas Myosoptis d’Africa Jazz, Miss Bora Uzima ont succédé à Eyenga Moseka. Vers les années 66, Etisomba a porté l’étendards de la musique congolaise hors des frontières nationales. Il faut signaler également Abisulia qui a chanté avec Franco. La femme a dominé l’art de Mozart vers les années 70 avec Abeti Masikini. Surnommée la Tigresse, cette dame a sorti l’artiste féminin de la musique du Ghetto.

Elle a conquis l’espace africain et a joué dans les sales mythiques d’Europe. Son mariage avec Gérard Akweson lui a apporté du tonus pour imposer la musique féminine. Les années 80, ont été favorable pour l’artiste musicienne avec l’entrée de M’Pongo Love. Cette grande dame n’a pas trop attendu pour s’installer sur la scène musicale. Les musiciennes Vonga Aye, Feza se sont signalés dans la musique pour attiser le feu allumé par Eyenga Moseka, Abeti Masikini et M’Pongo Love, l’orchestre Taz Bolingo. Des anciennes danseuses ont laissé la chorégraphie pour se précipiter au microphone.

Il s’agit de Tshala Mwana, Mbilia Bel. Ces deux artistes ont ajouté une dimension qui manquait. C’est celle lie de la danse au chant. C’est-à-dire chanter en dansant. Tshala Muana et Mbilia Bel.

En tout cas, elles excellent jusqu’à présent. Sur leurs traces, on retrouve Mukangi Déesse, Beti Bis, ces deux artistes musiciennes ont accompagné harmonieusement Grand Père Bozi Boziana dans Anti Choc, dans les années 90. Depuis un certain temps, la femme semble essoufflée. Dans la musique dite profane, il n’y a plus eu de nouvelles figures qui s e sont imposées. C’est vers la musique dite religieuse que la femme règne en « Reine ».

Déjà vers les années 80, Adidi Budiongo a chanté avec Kuyena. Elle n’a pas été suivie directement. Avec la prolifération des mouvements religieux, la femme a trouvé un créneau. Elle a repris goűt à la musique. Le couple Buloba a relancé la femme sur scène. La voix féminine a retenti. Ainsi, plusieurs artistes musiciennes se sont fait remarquer, notamment Aimée Dikitele, Marie Misamu, Kunda Sisters, L’Or Mbongo, Micheline Shabani, Théthé Ndjunga Ndeke, Nadège ne citer que celles-là.

La femme a repris le microphone. Elle réalise des oeuvres de grande facture artistique. Dans la musique dite profane, la femme joue le rôle de second plan comme danseuses. Elle est souvent exhibée sur scène avec une tenue qui blesse les bonnes consciences. Il faut reconnaître que la femme congolaise a du talent dans l’art. Elle l’a prouvé depuis Lucie Eyenga Moseka. Il faut qu’elle soit considérée comme artiste. Dans l’opinion, la femme artiste est mal vue.

On n’oublie facilement son métier pour lui coller des étiquettes de femme légère. Pourtant, l’art n’a rien à voir avec la prostitution. L’artiste féminine défend bien la musique congolaise. Elle évolue sans complexe à côté de l’homme.