Les opposants avaient-ils raison de boycotter le discours de Kabila ?

Le président Kabila s’est exprimé, le lundi 14 décembre 2015, devant l’Assemblée nationale et le Sénat en Congrès, sans l’opposition qui a boycotté ce rendez-vous pourtant garantie par la constitution qu’elle défend.

Les groupes parlementaires de l’opposition à l’Assemblée nationale n’ont pas assisté au discours prononcé le lundi 14 décembre par le chef de l’Etat Joseph Kabila devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès.

« Nous voulons exprimer notre mécontentement et nous voulons que l’opinion comprenne que il y a un malaise, il y a étouffement de la démocratie, il y a confiscation de la liberté de l’élu au sein de l’assemblée nationale », avait expliqué Juvénal Munubo du groupe parlementaire UNC et alliés au micra de la Radio Okapi à Kinshasa.

Les groupes parlementaires de l’opposition avaient annoncé vendredi la suspension de leur participation aux activités parlementaires après l’examen de la motion de défiance contre le ministre de l’Intérieur Evariste Boshab. Une motion rejetée à la suite d’une autre motion, incident elle cette fois, introduite par un député de la majorité.

Au delà des revendications de l’opposition, qui peuvent être véridiques, c’est plus tôt la démarche face à ce discours qui laisse perplexe.

En effet, jusqu’au 20 décembre 2016, Joseph Kabila reste président de la République démocratique du Congo, et de ce fait, se doit d’être respecté en tant que tel, conformément à la constitution que défendent becs et ongles les opposants.

En outre, malgré de signaux alarmant et soupçons justifiés certes, Joseph Kabila n’a jamais annoncé publiquement son intention de se maintenir au pouvoir, de ce fait, c’est dans son droit et son rang de tenir un discours en congrès, devant toutes les composantes républicaines, en l’occurrence l’opposition.

Le boycotte de l’opposition paraît clairement non républicain et peu fier de leur part.

arton210Joseph Kabila a toutefois tenu son discours dans une salle de congrès était non seulement des parlementaires mais aussi des diplomates, corps constitués et militants des partis politiques de la Majorité présidentielle.

Le chef de l’Etat congolais qui a éludé, une fois de plus les questions essentielles, à savoir la candidature ou non pour un 3ème mandat, a été particulièrement offensif sur le plan politique où il a mis en garde l’opposition, dont la plupart des ténors était réunis à Dakar pour un colloque sur les élections et l’alternance en Afrique.

Benjamin Litsani Choukran,
Direct.cd

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