Les faces cachées du TP Mazembe

Le club cher à Moïse Katumbi posséderait un « comité de recherche du meilleur féticheur au monde ». On raconte également que le TP aurait longtemps été protégé par « la Mama », une supportrice qui suivait l’équipe partout accompagnée de son crocodile, ou que des marabouts cassaient des œufs et faisaient des incantations derrière les poteaux pour attirer les buts.

Le Tout-Puissant Mazembe est un monument.Un édifice solide, avec ses fondations, ses améliorations, son histoire riche en événements, anecdotes et grands moments Le dernier en date est une cinquième victoire en Ligue des champions de la CAF, synonyme de qualification pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.

C’est à l’occasion de cette compétition en 2010 que le TP Mazembe Englebert s’est fait un nom à l’échelle planétaire en devenant la première équipe hors Europe et Amérique du Sud à atteindre la finale de l’épreuve. Cinq ans après sa défaite face à l’Inter Milan, le club de RD Congo est de retour sur la scène mondiale.

Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec le champion d’Afrique avant son entrée en lice à Japon 2015, FIFA.com vous présente ses faces cachées et ses petits secrets.

Un nom qui en dit long
La Bolivie a The Strongest, les Pays-Bas ont Heracles, Achille, Sparta ou Ajax, le Cameroun a le Tonnerre ou le Canon… La RD Congo, elle a aussi des clubs aux noms intimidants. Le plus redoutable ? Sans doute le Tout-Puissant Mazembe. Fondé en 1939 sous le nom de FC Saint Georges Elisabethville, l’ancien nom de la ville de Lubumbashi, le club devient cinq ans plus tard propriété de la firme Englebert, spécialisée en pneumatiques. Invaincu au cours de toute sa première saison, il se rebaptise Tout-Puissant pour célébrer cet exploit. Le nom Mazembe, lui, signifie « Corbeaux » en langue kiswahili, l’une des langues officielles du pays, et a été adopté en raison des couleurs du maillot, le noir et le blanc. Outre les Corbeaux, les joueurs du TP sont aussi surnommés les Badianguena, ou « mangeurs de crocodiles » ! Vraiment tout puissant…

Kidiboikié, marque déposée
Robert Muteba Kidiaba est un excellent gardien africain qui, à 39 ans, a déjà presque tout gagné sur le continent et a effectué des milliers d’arrêts de grande classe dans sa longue carrière. Pourtant, ce ne sont pas ses performances sur sa ligne de but qui lui ont permis de gagner sa notoriété. A chaque but inscrit par le Tout-Puissant ou la sélection nationale de RD Congo, son gardien se lance dans une bien curieuse célébration consistant à s’asseoir par terre et se déplacer sur les fesses par petits bond en avant. « À l’origine, c’est un exercice pour les abdominaux, pour travailler la souplesse au sol et se remettre rapidement sur pied quand on plonge », expliquait-il à FIFA.com en 2010. « À l’entrainement, ça faisait rire mes coéquipiers. Depuis, quand l’un d’eux marque, il faut que je laisse exploser ma joie. Et c’est le seul moyen qui m’est venu à l’esprit. » Le pas de danse a désormais fait le tour du monde par vidéo interposée et porte un nom, le « Kidiboikié« , marque déposée par son inventeur.

100 pour 100, ambiance assurée
Que serait un match du TP Mazembe sans son armée de supporters passionnés ? Les 100 pour 100 sont la frange la plus fidèle depuis leur création en 1983, notamment par Mutamba Kelemuta, frère aîné du gardien Kidiaba. Le site internet des Corbeaux nous apprend qu’en voyant de jeunes travailleurs journaliers chanter en transportant leurs fardeaux, le futur président Moïse Katumbi leur avait lancé : « Formez un orchestre et venez au stade mettre de l’ambiance. » Les adolescents le prennent alors au mot. Près de 30 ans plus tard à Abou Dabi pour la demi-finale de Coupe du Monde des Clubs 2010 face à l’Internacional Porto Alegre, cette même bande d’inconditionnels avait réduit au silence des milliers de supporters brésiliens, en large supériorité numérique, mais en grande infériorité sonore…

De la magie au talent
Autre petit secret du quintuple champion d’Afrique, il est réputé pour avoir usé d’autres arguments que la tactique et la technique pour venir à bout de ses adversaires. Jusqu’en 2003, il aurait ainsi possédé un « comité de recherche du meilleur féticheur au monde ». On raconte également que le TP aurait longtemps été protégé par « la Mama », une supportrice qui suivait l’équipe partout accompagnée de son crocodile, ou que des marabouts cassaient des œufs et faisaient des incantations derrière les poteaux pour attirer les buts. « J’ai fait interdire tout cela », assure le Président Katumbi, qui mise aujourd’hui sur deux uniques grigris pour ses joueurs : le travail et le talent.

Commenter

Cliquez-ici pour commenter

Laisser un commentaire