Ces choses que vous ignorez (sans doute) sur Félix Wazekwa!

Félix WAZEKWA dit  S’Grave, artiste – Musicien – parolier, le chanteur de l’amour courtois et de la morale. Il est celui pour qui être auteur – compositeur est une prérogative qui permet de donner la primauté à la réflexion, aux idées, à l’imagination. Etant le meilleur parolier de sa génération, il est celui qui a introduit l’idée du « Verbe » dans la chanson. Voici ce qu’il faut vraiment savoir sur cet artiste hors pair.

Récompensé lors de la cérémonie des Kora Awards par le trophée du meilleur artiste masculin d’Afrique centrale pour l’année 2004, Félix Wazekwa est l’intellectuel de la musique Congolaise. Parolier de Papa Wemba et de Koffi Olomidé, cet artiste Congolais a débuté une carrière solo en 1995 et distille dans ses albums des leçons de morale et des réflexions qui différent de la légèreté ambiante des artistes kinois. Rencontre avec un érudit.

« Ma spécialité, c’est le verbe, c’est-à-dire la recherche du proverbe que tout un chacun retiendra », raconte Wazekwa. A Kinshasa, on le surnomme « S’Grave ». Papa Wemba l’appelle « os du cerveau » tant ses paroles véhiculent des messages qui réconfortent ses fans.

Fils d’un architecte et d’une commerçante de la commune de Matete à Kinshasa, il part à Paris en 1985 et s’inscrit en sciences économiques à l’université. Tout en poursuivant ses études, il écrit des textes pour les deux ténors de la rumba, Wemba et Olomidé.

Il est ainsi l’auteur, sans être crédité par le Grand Mopao, de bon nombre de ses plus grands succès dans les albums Koweit, rive gauche et Noblesse oblige entre 1991 et 1993. De 1993 à 1995, il met son talent au service de Papa Wemba et contribue alors à l’écriture de chansons des albums Foridoles et Pôle position.

Diplômé, il entreprend des cycles de conférences dans les universités où il montre l’apport d’un intellectuel à la musique : « Les gens aiment bien savoir pourquoi quelqu’un qui pourrait travailler dans un bureau fait de la musique. Parce qu’on a une autre idée de la musique en Afrique.

On pense qu’un artiste, c’est comme un athlète aux Etats-Unis, c’est-à-dire quelqu’un qui aurait raté ses études. Etre considéré comme un musicien peut être dévalorisant pour un intellectuel. Mais je veux démontrer qu’être artiste n’est pas une situation qui conduit à la débauche ». Dans la musique congolaise, il fallait, pour faire preuve de sagesse dans ses chansons, recourir systématiquement aux paroles des aînés.

Chaque région a ses adages. Des artistes comme Franco, Rochereau ou Simaro reprenaient des proverbes qui existaient déjà. Un peu comme si, en France, pour montrer son érudition, un chanteur citait Jean-Paul Sactre, Paul Valery ou Chateaubriand. « C’est pourquoi je me suis dit, explique Wazekwa, que je devais créer mes propres proverbes. C’est ce que j’ai fait avec Koffi et Wemba : des paroles pas uniquement dansantes. Il fallait les retenir pour être à la page. C’est un peu comme lorsqu’on écoute une chanson de Cabrel. On s’attend, en plus de la mélodie, à avoir des conseils sur la vie amoureuse ou les enfants. Moi, je suis un peu le Cabrel du pays ».

Concept Novateur


En 1995, Félix Wazekwa sort un premier album au nom savant Tétragramme, YHWH ou il chante en duo avec Papa Wemba et Madilu. Un titre sibyllin que l’intellectuel de la musique Congolaise décrypte facilement : en grec, tetra veut dire quatre et gramma signifie lettre. Les quatre lettres constituent le nom de Dieu, ce qu’on appelle le Tétragramme : YHWH. Limpide pour l’artiste, indéchiffrable pour le grand public fort éloigné des subtilités linguistes du grec ancien. Pour son deuxième album en 1997, Wazekwa se met davantage au niveau des ambianceurs avec Pauvre mais sur lequel il chante en duo avec Tabu Ley Rochereau et Bozi Boziana.

L’ACMCO (Association des chroniqueurs de musique Congolais) le couronne « Meilleure révélation de l’année ». L’album suivant, Bonjour Monsieur, le fait connaître à travers toute l’Afrique, puis c’est Sponsor en 1999. « Notre sponsor à nous, le meilleur dont on puisse rêver ; c’est amour », déclame-t-il à tue-tête avec son nouveau groupe Cultur’A Pays-Vie (Cultur’A comme référence à la culture africaine). Ensuite viennent Signature et Yo Nani, respectivement en 2001 et 2002.

Son septième album, Et après ?, sorti en 2004, a été réalise avec l’arrangeur-producteur Edgar Yonkeu. Il a la particularité d’être commercialisé avec un DVD :  » Quand je sors un album, au niveau des paroles, des mélodies, c’est bien. Mais beaucoup de gens veulent connaître mes pas de danse. Et il y avait toujours un décalage entre la parution de l’album et celle des clips. Comme condition à la sortie de l’album, j’ai demandé à mon producteur Kiki Touré, l’ajout d’un DVD », se ventait Wazekwa.

C’est dans cet opus que Wazekwa innove avec une nouvelle danse qui détrône le Ndombolo. On l’appelle « nzoto ya mama elengi », ce qui signifie « le corps de la femme est accueillant ». Il enchainnera par la suite avec Faux mutu moko boye (2005), Que demande le peuple (2008), La chèvre de Monsieur Seguin (2009), Mémoire ya Nzambe (2010), Haut les mains (2011) : Single, Adamu na Eva (2013) et I love you en 2015.

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