Des nouvelles révélations troublantes sur la mort de Kabila

Comme on l’a toujours soutenu, l’attentat contre Mzee LD Kabila n’était pas un fait isolé. 14 ans après sa mort, outre des interrogations, des nouvelles informations dignes d’être considérées comme des révélations nous parviennent.

Des sources proches de services secrets rwandais, il nous revient que l’assassinat de Kabila était voulu comme un détonateur qui devrait mettre le feu à Kinshasa.

Selon un courrieur parvenu à notre rédaction, les troupes belges stationnées à Bangui et à Brazzaville sous prétexte d’évacuer les ressortissants belges, interviendraient pour maîtriser la situation. Pendant ce temps, Masire se préparait à Brazzaville pour être investi par la Monuc (Monusco aujourd’hui) comme administrateur de la Rdc. Ce pays serait ainsi mis sous la tutelle de l’Onu.

Pour en arriver là, il fallait que Kinshasa s’embrase, les Congolais s’entretuent. Des éléments en provenance de Brazzaville se mêleraient à la confusion. Des Rwandais préparés pour cette besogne ont été acheminés à Brazzaville à partir de Naïrobi au Kenya oů leurs mouvements ont commencé à inquiéter les autorités de ce pays. Tout a échoué grâce au calme que l’on doit au peuple congolais et surtout à l’intervention des alliés angolais et zimbabwéens qui ont maîtrisé la situation militairement.

Des menaces sur Kabila

Selon une source citant Colette Braeckman, le président L-D Kabila ne se doutait pas du danger qui le guettait. En décembre 2000, un de ses émissaires s’était rendu en Tanzanie, près de Kigoma oů on trouve beaucoup de réfugiés congolais. De ces camps des réfugiés, l’émissaire de L-D Kabila avait amené un rapport plein d’informations sur les préparatifs d’un coup contre lui. Le rapport, selon la même source, indiquait qu’il y avait parmi les réfugiés, des Congolais qui soutenaient le régime de Kinshasa. Parmi eux, on trouvait les anciens compagnons de maquis de L-D Kabila. Par contre, un autre groupe, composé des gens rejetaient aussi bien les Rwandais que le régime de Kinshasa. Pour eux, Kinshasa se serait arrangé avec les Rwandais pour l’occupation du Kivu. Ils estimaient donc que rien n’était fait pour libérer cette partie du pays. Enfin, on notait une minorité pro-rwandais au nom du Rcd, qui s’opposait au régime de Kinshasa.

Parmi ceux qui intoxiquaient la population en lui faisant croire que Kinshasa avait vendu le Kivu aux Rwandais, on citait quelques mobutistes dont Anzuluni Bembe ancien président de l’Assemblée mobutiste et Pay-Pay wa Siakasighe, ancien gouverneur de la banque du Zaïre. Ce dernier, signalait le rapport, aurait participé à une réunion à Stockholm qui avait pour but de restructurer politiquement les Kivutiens. Avaient également participé à cette réunion et partageaient l’idéologie du groupe, certains Congolais habitant les Etats-Unis d’Amérique. Leurs noms n’ont pas été cités. Toutefois, le rapport mettait l’accent sur un certain Dibinga wa Said, professeur de son état. L’apport de ce dernier avait consisté, selon notre source, à l’envoi au groupe qui se formait, des appareils de télécommunication par satellite.

On signale, c’est important que le lieutenant Rachidi, le garde du corps de Kabila qui avait tiré sur lui, avait des contacts avec ce groupe. Rachidi avait-il reçu de ce groupe de l’argent ou des armes ? Notre source reconnaît n’avoir aucune information précise à ce sujet. Rachidi avait-il agi à l’instigation de ce groupe ou bien y aurait-il d’autres ramifications à Kinshasa ? La source ne sait établir aucun lien précis. Kabila mort, la stratégie devrait se poursuivre. Mais…

La déstabilisation échoue

Par inspiration divine ou par expérience, la situation a été calmée, notamment par le fait que Kinshasa n’a pas annoncé brutalement la mort du chef de l’Etat. Certaines chancelleries occidentales, inconsciemment on intentionnellement, ont participé à la déstabilisation en annonçant brutalement une nouvelle que le gouvernement de Kinshasa n’avait pas annoncée officiellement. L’acharnement avec lequel cette nouvelle était donnée pouvait faire mettre ces pays sur le banc des accusés.

Beaucoup de Congolais ont accusé les médias qui n’ont fait que leur travail. Quand des sources aussi crédibles que les ambassadeurs, un vice-premier ministre, de surcroît ministre des Affaires étrangères de l’ancienne métropole, annoncent la mort d’un homme aussi important que le président de la Rdc, les médias ne peuvent que se ruer sur l’information comme des vautours affamés.

Au moment oů les coups de feu sont entendus au Palais de Marbre, notre source indique que d’anciens officiers de l’ex-Dsp (Division spéciale présidentielle), garde prétorienne de Mobutu basés à Brazzaville, commandés par un certain colonel Bahuma, se préparaient à traverser le fleuve afin que profitant du chaos jugé inévitable à Kinshasa, puissent se positionner pour la conquête du pouvoir. Pendant ce temps, à Brazzaville, d’autres mobutistes bien introduits dans les milieux de la sécurité et de renseignements civil et militaire, multipliaient les informations alarmantes. L’intervention de Louis Michel que l’on refuse de reconnaître comme intentionnelle, vient tomber sur un terrain bien préparé.

Le nom de Kayembe cité comme assassin de Kabila, participait, selon notre source à cette stratégie de provoquer la division entre Katangais et Kasaïens afin de mettre de l’huile au feu. L’autre geste du gouvernement belge qui va s’ajouter à cette stratégie de déstabilisation, c’est l’annonce par la Belgique de l’envoi des troupes pour évacuer ses ressortissants, alors que dès le lendemain de l’assassinat, les alliés rassureraient tout le monde en disant que la situation était sous contrôle.

Les moyens remis à cette force, dont des blindés étaient également de nature à alarmer les Congolais. L’autre geste du gouvernement belge, aussi significatif que les premiers, c’est l’arrêt de vol de la Sabena, compagnie aérienne belge. Même si la Belgique n’agissait que par précaution, ceux qui avaient monté le coup misaient sur ces actions qu’ils capitalisaient pour réussir leur stratégie de créer la panique à Kinshasa.

L’Angola et le Zimbabwe ont déjoué la manoeuvre en prenant en main la sécurité de la capitale. Pour réussir dans cette mission délicate, les alliés ont compté avec le calme du peuple congolais, calme qui traduit une maturité politique que les événements ont plus d’une fois démontrée. Il faut ajouter à cela l’attitude de la France qui, pendant ce temps, a refusé de jouer à l’affolement. Paris a refusé d’annoncer tout envoi des troupes pour évacuer ses ressortissants, tant que la situation était visiblement calme. Il aurait fallu que la France se mêle à la danse pour que tous les autres pays se bousculent à la porte de sortie et ç’aurait été des pillages et le chaos. Les Français avaient, selon nos sources, clairement fait comprendre qu’ils n’avaient aucune intention de couvrir les manoeuvres politiques par l’humanitaire.

Le Congo sous mandat de l’Onu

Son désaveu par Kinshasa a déclenché chez lui un instinct de protection tel que tout le monde se rend compte que Masire visait plus qu’une simple facilitation. L’homme avait reçu les assurances qu’il pouvait jouer à Bernard Krouchner en Rdc. Cela explique sa présence à Brazzaville au moment oů la situation à Kinshasa ne demandait pas sa présence dans les environs de la capitale congolaise.

Notre source signale qu’en plus des troupes belges, l’Onu se préparait à faire venir des bataillons sénégalais et marocains pour prendre position à Kinshasa le temps que Masire dans son rôle d’administrateur s’installe. On se demande si ces troupes ne finiraient pas de détaler comme au Rwanda en 1994 par laisser la place au Rcd. Car, pour Brazzaville, des soldats rwandais en exil pour la plupart des Tutsi qui gagnaient massivement cette ville, attendaient sauter sur Kinshasa. Selon Grands Lacs confidentiel qui conseille Kinshasa à surveiller Brazzaville, les soldats rwandais inquiétaient déjà les autorités kenyannes. En effet, on voyait de nombreux Tutsi venant du Rwanda et de l’Ouganda prendre des vols à Naïrobi pour des destinations finales peu connues. Leur nombre augmentait tellement que les Kenyans qui ont cherché à savoir ont découvert que ces Tutsi se rendaient à Brazzaville.

Même après l’assassinat de Kabila, ces mouvements continuent. Une autorité kenyanne qui s’est confiée à \ »Grands Lacs confidentiel\ », révèle que le projet d’attaque de Kinshasa est toujours au programme, car, précise-ton, il faut en finir avec ce qui reste du régime de Kabila. C’est dans cette perspective, qu’une autorité rwandaise non identifiée, a confié à notre source que le Rwanda et l’Ouganda préparaient une armée commune de 50.000 hommes pour lancer l’assaut sur Kinshasa.

L’attaque de Kinshasa, selon la même source, aurait pour rôle de jouer le kamikaze en comptant sur la victoire finale quel que soit le nombre de victimes qu’on peut compter dans ses rangs.

Certains pays occidentaux se chargeaient jusque-là de l’instruction de ces troupes. Comme quoi, Kinshasa n’est pas encore sécurisée comme le reconnaît Irin, une agence de presse pro-rwandaise qui affirme que l’avenir de la Rdc est encore incertaine. Pour lui, le schéma selon lequel le Rcd pouvait encore s’emparer du pouvoir à Kinshasa est possible. Car, pour lui, les agresseurs ne se retireront pas.

On ne voit pas, affirme cette agence, comment l’Ouganda pouvait renoncer au diamant de Kisangani. Et le Rwanda tient mordicus à la revendication de sa sécurité et considère que sa présence militaire en Rdc continuera à s’expliquer tant qu’il y aura des lnterahmwe et des ex-Far sur le territoire congolais.

Qui est un vrai obstacle à la paix au Congo et dans les Grands Lacs ? Aux lecteurs d’en juger.

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