Le mystère demeure entier sur l’accord portant sur l’éradication des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) et qui aurait été signé entre la République Démocratique du Congo, par son ex-ministre de la Défense, Ngoy Mukema, et le Rwanda, par James Kabarebe, ministre de la Défense, le 24 septembre 2015.

Pour tenter de lever un pan de voile sur ce présumé nouveau deal entre les deux pays voisins de la région des Grands Lacs, le député national Martin Fayulu Madidi avait déposé au Bureau de l’Assemblée Nationale, en date du 30 septembre 2015, une question orale avec débat à charge du ministre de la Défense, Anciens combattants et Réinsertion, Crispin Atama Tabe.

Mais contrairement aux us et coutumes parlementaires, le patron de la Défense a été auditionné hier mardi 1 décembre 2015 à la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale en lieu et place de la plénière de la chambre basse du parlement congolais, conformément à son règlement intérieur.

D’après nos sources, le patron de la Défense a purement et simplement nié l’existence de cet accord. Il a promis de revenir le vendredi 4 décembre pour répondre aux préoccupations soulevées par les 50 intervenants lors de son audition en « circuit fermé ».

On rappelle que pour bien ficeler sa question orale, Martin Fayulu s’est appuyé sur la lettre du 29 septembre 2015 adressée aux parlementaire congolais, au Secrétaire Général des Nations Unies et au chef de la Monusco par la coalition des partis de l’opposition du Nord-Kivu.

Dans cette correspondance, cette coalition avait dénoncé le feu vert qu’aurait donné le gouvernement congolais à l’armée rwandaise en vue de revenir, comme en 2009, faire la chasse aux FDLR dans cette partie de la République.

Les partis politiques de l’opposition avaient relevé également, dans leur missive, les cris de détresse des populations congolaises habitant les zones frontalières, qui continuaient à assister nuit et jour aux défilés des militaires rwandais sur le territoire congolais, en l’absence des forces de défense de la RDC.

Pour bien d’observateurs, ce débat aurait dû se passer en plénière à l’Assemblée nationale, pour permettre au ministre de la Défense d’éclairer des millions de Congolais, inquiets du retour des bruits de bottes au Nord-Kivu, sur le contenu réel de ce prétendu accord, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et des salive.

Le fait d’avoir décrété le huis clos sur une affaire aussi sensible, qui toucher à la sécurité interne et externe du pays à l’Est du pays n’arrêtera pas de soulever des vagues.

Les suspicions vont ainsi continuer de plus belle, tant au niveau du parlement congolais qu’au sein de l’opinion, où d’aucuns restent avec le sentiment qu’on a affaire à un délit d’initiés.

ERIC WEMBA