Les manoeuvres de Kabila ne passent pas!

Toutes les tentatives du président Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir semble avoir du mal à trouver échos au sein de la classe politique congolaise et auprès de la communauté internationale. Explications.

Au cours de son allocution annonçant samedi dernier la convocation d’un « dialogue politique national inclusif » en vue d’élections apaisées, le président Joseph Kabila avait plaidé pour que soit engagée « dès à présent une réflexion sur un système électoral avec des modalités de vote peu coûteuses ».

Selon M. Kabila, ce dialogue – qui sera « placé sous la co-modération d’un représentant de la majorité et d’un représentant de l’opposition politique » et « pourra bénéficier de l’accompagnement d’une facilitation internationale en cas de difficulté majeure » – portera notamment sur le calendrier électoral, le financement et la sécurisation des différents scrutins prévus en RDC, mais dont l’organisation souffre de retards.

« C’est à travers un consensus responsable que nous pouvons donner une chance à la relance de notre processus électoral » afin de garantir « la stabilité et la paix » pendant et après les élections, avait déclaré le président.

S’agissant du financement du processus électoral, il avait noté que « la capacité actuelle de mobilisation des recettes ne permettent pas » l’organisation du scrutin (présidentiel) telle que prévue dans le budget de la commission électorale.

« Ne peut-on pas engager dès à présent une réflexion sur un système électoral avec des modalités de votes peu coûteuses comme c’est le cas dans d’autres pays », s’était-il interrogé.

Les opposants redoutent que ces propos conduisent au changement du mode de scrutin pour la présidentielle, qui se ferait désormais au second degré.

La Constitution congolaise – modifiée à la hâte en 2011 à l’approche de la présidentielle remportée par M. Kabila en dépit d’irrégularités – prévoit que le chef de l’Etat soit élu au terme d’un scrutin au suffrage universel direct à un seul tour.

Pour la Dynamique de l’opposition, une fédération active depuis plusieurs mois et regroupant des opposants de plus ou moins longue date à M. Kabila, et le G7, groupe de sept partis ayant claqué en septembre la porte de la majorité, qui se sont réunis lundi à Kinshasa, le changement de ce mode de scrutin présage un « glissement » du mandat présidentiel, en violation de la Constitution.

Le G7 et la Dynamique de l’opposition, qui rejettent le dialogue annoncé par M. Kabila, disent s’en tenir à la tenue des élections présidentielle et législatives prévues le 27 novembre 2016, a rapporté la radio onusienne Okapi.

« C’est clair que si nous quittons notre mode de scrutin actuel pour éventuellement élire le président de la République au second degré par un groupe de députés par acclamation, nous disons que c’est très grave. C’est un coup d’Etat constitutionnel », a pour sa part déclaré lundi à l’AFP le président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC, le troisième parti de l’opposition en termes d’élus à l’Assemblée nationale), Vital Kamerhe.

Pour lui, un changement du mode de scrutin présidentiel relève de la « haute trahison ».

« Nous devons barrer la route à une telle imposture, en nous mettant d’abord ensemble comme nous venons de le faire et en demandant à notre population de défendre la démocratie et la Constitution », a ajouté le président de l’UNC, un ancien proche de M. Kabila tombé en disgrâce.

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