Depuis sa métaphore de pénalty qui a créé la panique au sein de la majorité au pouvoir(MP), l’ex-gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moise Katumbi Chapwe dérange. Il est de venu l’homme à abattre.

Toutes les occasions sont bonnes pour le clouer au pilori. Sa démission du parti présidentiel, le PPRD, a mis en mal une MP aux abois. L‘homme a été la principale cible dans la mise en place de nouvelles provinces dont les nouveaux animateurs (commissaires spéciaux) ont été nommés dans la précipitation et en violation flagrante de la Constitution. Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle action vient d’être envisagée à l’encontre du président du TP Mazembe sous le couvert d’audits diligentés par le gouvernement dans les anciennes provinces démembrées. Sans doute, la tête de Moïse Katumbi est mise à prix.

Des audits seront lancés dans les six (6) provinces démembrées. Ainsi en a décidé le gouvernement au terme du conseil des ministres du mercredi 25 novembre 2015. Le gouvernement motive cette décision par le souci de garantir un bon fonctionnement de 21 nouvelles provinces nées du processus de démembrement. Ça, c’est le côté cour. ‘est de bonne guerre, dirait-on.

Côté jardin, la décision du gouvernement s’intègre dans un schéma tout tracé et bien planifié. Elle fait suite à la polémique qui est née à partir de l’ex-province du Katanga où la cérémonie de remise et reprise entre l’ancien exécutif provincial du Katanga et les quatre commissaires spéciaux du Lualaba, Haut Katanga, Haut Lomami et Tanganyika. Celle-ci s’est terminée en queue de poisson. Et pour cause, il fallait, avant de poursuivre le processus, élucider au préalable un trou de 55 millions USD dans les finances de l’ex-province du Katanga. C’était le début d’une longue polémique qui doit avoir certainement amené le gouvernement central à décider finalement de diligenter des audits dans les six provinces démembrées.

Mais, derrière la décision du gouvernement, il y a, comme il en est de coutume depuis un temps, Moise Katumbi qui est visé. Gouverneur de la riche province du Katanga, désormais morcelée en quatre provinces, Moise Katumbi était pour le PPRD, le parti présidentiel, un pion majeur pour une meilleure assise dans l’ex-province minière. Son divorce avec le parti présidentiel a sonné comme le glas de la fin d’un règne.

Dans la Majorité, on ne s’est as totalement remise de la volte-face de Katumbi. Après le pénalty, suivi de son départ du PPRD, les caciques de la Majorité ont juré d’avoir la peau du président du très célèbre TP Mazembe, le tout nouveau champion de la ligue des champions de la CAF. « Tout chemin mène à Rome », dit-on. De même, pour avoir Katumbi, tous les moyens sont bons.

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C’est pour l’affaiblir que Kinshasa s’est lancé dans une précipitation déconcertante dans la mise en place de nouvelles provinces. C’est aussi pour éviter que ses hommes se retrouvent aux commandes de nouvelles provinces du Katanga que le gouvernement, aidé par la Cour constitutionnelle, a soulevé l’exception par la nomination des commissaires spéciaux.

En clair, dans la territoriale, la plupart de dernières décisions du gouvernement ont été guidées par la détermination de mettre en mal l’homme des « trois pénalty ». Il en est de même de la toute récente, celle relative aux audits dans les anciennes provinces démembrées. C’est encore et toujours sur Moise Katumbi que convergent tous les phares du gouvernement. Pour l’ex-Katanga, les conclusions des audits sont déjà connues. Elles chercheront à surcharger davantage l’ex-gouverneur en vue de le livrer à la justice. La Majorité n’attend plus cette occasion pour se venger. Ira-t-il jusqu’à franchir le Rubicon ?

Pour ses caciques, rien ne les en empêche. Encore une fois, c’est la sérénité du climat intérieur qui prendra un sérieux coup, au moment où, dans la Majorité, tous se mobilisent en vue de la convocation d’un dialogue politique, censé baliser la voie pour des élections apaisées. La Majorité ne se lassera jamais d’étonner.

Elle est la même à lancer un appel pressant au dialogue, tout en propageant, par ses faits et actes, la haine, le règlement des comptes et la chasse aux sorcières pour anéantir ses potentiels adversaires politiques. Ironie du sort!

L’année 2016 s’annonce sûrement difficile. Le Potentiel en a fait large écho dans ses colonnes. En multipliant des actes qui fâchent, la Majorité est en train de dénaturer le dialogue politique qu’elle appelle de tout son vœu pour, clame-t-elle, baliser la voie pour un processus électoral apaisé.

Comment croire en la Majorité, lorsqu’en même temps elle multiplie des actes de brimade, prête à en découdre avec tous ceux qui font ombrage. Ce serait vouloir une chose et son contraire à la fois. Sacré Moise Katumbi Chapwe qui met en émoi le pouvoir en place !

LE POTENTIEL