Oui, le titre peut choquer, mais les faits sont vrais : les employés de la Cimenterie Nationale (CINAT), ce qui n’est qu’un exemple en République démocratique du Congo, n’ont pas touché leurs salaires depuis 7 ans !

Dans les rues de Kinshasa la capitale, la chanson est connue de tous : « naza na mbongo te, bafuti biso te  +je n’ai pas d’argent, on ne nous a pas encore payé ». Ecœurant n’est-ce pas ? Ne pas avoir de « mbongo » parce qu’on attend son salaire à la fin du mois est une chose, mais que dire lorsque ce salaire n’est pas payé depuis plus de 7 ans ? soit exactement 84 mois ? Pire, c’est ne pas le record national.

En effet, la fonction publique congolais est experte en la matière, avec des centaines de mois impayés, pour des salaires proches de 50 USD.

Pour la CINAT, cette société commerciale appartenant à l’Etat congolais, la situation semble, finalement, exarcerbé les employés. Le direction syndicale est monté au créneau pour réclamer ses droits.

Son président, Bienvenu Mamingi, a indiqué mardi 10 novembre 2015 à Radio Okapi que la non-prise en compte des revendications des travailleurs a déjà entrainé beaucoup de conséquences, dont la dislocation de leurs familles.

«La délégation syndicale, face à la pression, n’arrive pas à contenir les agents en désespoir. C’est pourquoi nous demandons au Gouvernement de pouvoir se prononcer clairement sur le sort de cette entreprise et de ses travailleurs. Que les trois mois de salaires à maintes fois sollicités nous soit versé», a-t-il déclaré.

La Cinat est à l’arrêt depuis plus de cinq ans et ses agents impayés.

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«Nous avons adressé plusieurs correspondances au Gouvernement qui sont restées sans suite. Et, c’est vraiment déplorable que ça soit les députés nationaux qui nous disent que le Gouvernement n’a pas des solutions pour notre cimenterie», s’est indigné le président de la délégation syndicale de la Cinat.

La Cimenterie nationale est une société d’économie mixte par action à responsabilité limitée créée le 24 octobre 1970.

Avec une usine d’une capacité de production de 1000 tonnes de ciment par jour, cette cimenterie implantée dans la cité de Kimpese dans le Kongo Central, n’est jamais arrivée à une production correspondant à sa capacité.

Cette contreperformance s’explique par l’absence d’un financement suffisant pour l’acquisition des équipements et infrastructures supplémentaires pour que cette cimenterie fonctionne.

Le Gouvernement a tenté à plusieurs reprises de relancer cet outil de production à travers un partenariat public-privé, sans succès.

La dernière en date est la cession en 2012 d’une partie de ses parts aux privés, dont Nova Cimengola. Cette entreprise angolaise a acquis auprès de l’Etat congolais, 53% de la Cinat pour 40,6 millions USD, devenant ainsi l’actionnaire majoritaire de cette entreprise d’économie mixte.

Alors chers amis, où va donc le Congo Démocratique, pays de Lumumba ? Où est la croissance macro-économique ventée par le premier ministre Matata Ponyo ?