Le parti de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, a finalement décliné, au bout du spupens, l’offre du président Kabila.

« Nous n’irons pas au dialogue convoqué par Mr Kabila pour lui permettre un glissement quelconque qu’on ne veut d’ailleurs pas entendre à l’UDPS», a déclaré vendredi 6 novembre Bruno Tshibala, porte-parole de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).  Selon lui, le parti d’Etienne Tshisekedi attend le dialogue politique qui sera convoqué par un médiateur international neutre, à designer par le Secrétaire général de l’Onu. Bruno Tshibala a réagi ainsi  aux affirmations faites par le Secrétaire général adjoint du PPRD, parti présidentiel, selon lesquelles «toute l’opposition sera (à ce forum), avec Tshisekedi en tête»

Joint depuis Bruxelles par Radio Okapi, Bruno Tshibala a affirmé que la position de son parti n’avait pas changé sur le dialogue:

«Nous insistons sur le fait que le dialogue qui doit se tenir,  c’est ce dialogue qui se conforme à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et aux trois résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Donc c’est un dialogue qui sera modéré par la communauté internationale. Il ne sera jamais question, pour l’UDPS et son président, d’aller à un dialogue qui n’est pas modéré par la communauté internationale.»

Ce parti, selon lui, s’appose à toute démarche de nature à permettre au président actuel, dont le dernier mandat doit s’achever en décembre 2016, de rester au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. « Ceux qui accusent l’UDPS de vouloir ce dialogue pour permettre à Monsieur Kabila de pouvoir glisser, ils racontent des contre-vérités. Ils racontent des inepties», a-t-il affirmé.

Selon la même source, l’UDPS en tant que parti politique, parti de gauche, pense que le dialogue est la voie royale pour régler les problèmes politiques, les crises politiques.

«C’est pour cette raison que nous restons dans cette posture de rechercher la solution à la crise qui sévit dans notre pays par le dialogue», a poursuivi le porte-parole de l’UDPS, précisant que c’est le médiateur international neutre qui est habilité à convoquer le dialogue politique en lançant des invitations à toutes les parties prenantes. Et ce dialogue, selon lui, devra se dérouler à Kinshasa «au vu et su de tous les Congolais. Pas ailleurs!»

«Toute l’opposition, avec Tshisekedi en tête»

Bruno Tshibala réagissait aux propos du secrétaire général adjoint du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, qui annonçait sur Radio Okapi jeudi la tenue «bientôt» d’un dialogue  avec des déléguées de l’opposition, dont l’UDPS d’Etienne Tshisekedi. Selon lui, les participants à ce forum politique  vont mettre à profit cette occasion pour  s’entendre sur les modalités de l’organisation des élections apaisées en RDC.

Le député Ramazani Shadary a même fait état d’une augmentation du nombre de personnes favorables à ce dialogue:

«Il y aura dialogue bientôt. Le chef (de l’Etat Joseph Kabila) l’a déjà annoncé, depuis le mois passé. Il a fait des consultations. Nous du PPRD, nous de la majorité, nous allons dialoguer avec nos compatriotes congolais. Ils sont déjà nombreux qui ont commencé à s’inscrire. Même ceux qui vous dit qu’ils ne viendraient pas là. Ils sont là. Ils viendront.»

Shadary Ramazani annonce que  toute l’opposition sera à ce dialogue, avec Etienne Tshisekedi en tête. «Nous, nous voulons allers au dailogue, pour que nous puissions nous mettre d’accord sur les règles de jeu devant nous amener aux  élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées. Des élections sécurisées », a-t-il spécifié.

Les émissaires de l’UDPS avaient rompu en septembre dernier les négociations, entamées depuis mi-juillet en Belgique et en Italie, avec le PPRD en vue de la tenue d’un dialogue national. L’annonce avait été faite à travers un communiqué signé par Etienne Tshisekedi depuis Bruxelles où il se trouve en convalescence, sans préciser les raisons de la rupture des négociations.

Il recommandait tout de même aux «forces politiques et sociales acquises au changement» de poursuivre les objectifs recherchés au travers du dialogue:

  • L’organisation d’un processus électoral dans un climat apaisé
  • L’élaboration d’un calendrier consensuel qui tienne compte des délais constitutionnels
  • Le transfert pacifique du pouvoir en RDC.