Kabila – Sassou : même schéma?

Après le simulacre de référendum organisé sur l’autre rive pour modifier la Constitution, le pouvoir de Kinshasa s’apprête aussi à se jeter à l’eau pour contourner l’article 220 de la Loi fondamentale.

Le schéma burundais est entrain de faire une école dans d’autres pays de la région des Grands Lacs dont, les chefs d’Etat, à l’instar de Denis Sassou N’guesso, Joseph Kabila, Paul Kagame, et Yoweri Kaguta Museveni, tiennent à tout prix à se maintenir au pouvoir au-delà des limites instituées par les lois fondamentales de ces pays.

Après le scénario qui a permis au président Pierre Nkurunziza de piétiner l’Accord d’Arusha qui stipule clairement qu’aucun président du Burundi ne doit servir plus de cieux mandats, ce schéma burundais est entrain de prendre corps dans d’autres pays.

Les signes se vivent déjà au Congo-Kinshasa et Congo Brazzaville où la tension évolue de la même façon. Ce qui pousse certains observateurs à parler de la copie conforme entre les deux rives du fleuve.

En effet, pour dévoiler son plan visant à se maintenir au pouvoir, Denis Sassou N’guesso a initié un dialogue politique dont 90% des participants étaient membres du Parti Congolais du Travail (PCT) et ont décidé de procéder au changement de la Constitution pour permettre au président Sassou (déjà 31 ans de règne) de rester au pouvoir.

L’homme s’est permis d’organiser un référendum pour faire sauter les deux verrous de la Constitution qui lui interdisait de se représenter à la prochaine présidentielle.

Pendant ce temps, à Kinshasa, Joseph Kabila mise sur le dialogue pour jouer la carte du glissement, alors que l’Opposition ne voit dans ce Dialogue qu’un cadre pour arriver à des élections apaisées en 2016.

Réclamé en premier par l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) au lendemain de la crise électorale née des scrutins du 28 novembre 2011, le Dialogue n’était pas d’abord accepté par le camp kabiliste.

A cette époque-là, le leader de l’Udps était même traité de tous les noms par certains caciques du pouvoir. Se sentant en mauvaise posture et coincé par le délai constitutionnel, le pouvoir en place a finalement accepté le Dialogue avec un agenda caché.

A en croire certaines sources, la tenue du fameux dialogue interviendra au courant ce mois de novembre, dans la province du Kongo central.

Il faut craindre que ce qui s’est passé à Brazzaville se répète en RDC avec le changement de la Constitution et l’organisation d’un referendum. Une proposition de loi vient d’ailleurs d’être initiée par MM Lucian Kasongo et Simplice Ilunga Monga, deux députés nationaux membres de la Majorité Présidentielle, en vue d’ouvrir la voie à l’organisation d’un prétendu referendum constitutionnel.

En analysant la lettre N°CAB/PM/CJFAD/JNK/2015/6031 du 22 septembre 2015 relative à la transmission de cette proposition que le Premier Ministre Matata a adressée au vice-Premier ministre et Ministre de l’intérieur, il se dégage que cette loi est urgente.

Cette urgence découle du fait que le Premier Ministre accorde au vice-Premier et Ministre de l’intérieur, un délai plus court que celui de 15 jours prévu par la Constitution.

Le Premier Ministre écrit ceci : « Je vous transmets ladite proposition de loi en vue d’apprêter, de concert avec les ministres et autres structures concernés, les observations du Gouvernement. Au regard du délai imparti au Gouvernement, ces observations devront me parvenir au plus tard le 1er Octobre 2015 pour transmission à l’Assemblée Nationale en temps utile ».

Si les participants au dialogue décident de l’organisation d’un referendum, la RDC sera dans une situation de passage en force et d’atteinte grave à la Constitution dont l’article 220 stipule que « le mandat du Chef de l’Etat est de 5 ans, et une fois renouvelable ».

Par G.K.M.

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