VIDEO. Il en savait trop : pourquoi et comment Paul Kagame a fait assassiner son médecin personnel

Emmanuel Gasakure est né à Butare et était un réfugié au Burundi entre 1973 et 1987. Il a étudié la médecine à Bujumbura et s’est spécialisé en cardiologie en France où il est arrivé en 1987 et est resté jusqu’en 1994.Il est devenu le médecin personnel de Paul Kagame en 2001 et jusqu’au 20 Février, 2015. Il a travaillé jour et nuit pendant 14 ans sans prendre un jour de congé. Les heures étaient longues, les voyages épuisants, le salaire faible, la reconnaissance inexistante. Dr Gasakure n’a même pas été autorisé à assister au mariage de sa seconde fille.

Avant de venir au Rwanda, il fut le cardiologue en chef de l’Université de Nancy en France, une position prestigieuse rarement attribuée aux ressortissants non-français. Il était un universitaire et faisait partie d’une équipe de recherche européenne Il était aussi propriétaire d’une clinique privée en France, qui lui permettait une aisance financière. Il rejoint le FPR en 1990, puis retourne au Rwanda en 1994, ayant perdu tous ses frères pendant le génocide.

Il décide de quitter sa position en France et de revenir au Rwanda à l’été 1994. Il reconstruit l’hôpital de Butare en premier, puis rapidement ré-ouvre l’école de médecine. Puis il passe les sept prochaines années a reconstruire le système de santé du Rwanda de zéro, devient le doyen de la Faculté de médecine et crée les nouvelles écoles d’infirmiers et l’école de santé publique. Il rejoint ensuite le CHK, crée les premières Mutuelles, le service de la médecine d’urgence, le programme de télémédecine, la «Fondation du Cœur” du Rwanda. Professeur à l’UNR, il forme tous les professionnels de la santé en cardiologie au Rwanda pendant 20 ans. Il est aussi impliqué dans de nombreuses autres activités pour le bien social. Il devient le président des Scouts du Rwanda, le président du conseil d’administration du Fonds pour les Rescapés du Génocide et le président du Club des Sports de Kigali. Il avait une intelligence et une énergie exceptionnelles. C’était un homme bon, gentil avec tous et dévoué au Rwanda et à sa famille.

Pendant 11 ans il fut le conseiller principal de confiance et le médecin personnel de Paul Kagame. Il était un homme dévoué et était totalement loyal envers le Boss, Insistant sur l’éthique médicale et refusant de faire de la politique. Il refusa de devenir ministre de la Santé. Progressivement cependant, il devint la dernière personne de l’entourage présidentiel à avoir une relation directe et de confiance avec Paul Kagame, sans aucune allégeance à la femme de celui ci, Jeannette Kagame. Il avait connu Jeannette Kagame à Bujumbura, avant son mariage. Dr Gasakure vit progressivement la première dame s’emparer du pouvoir et placer ses propres personnes de confiance à des postes clés tout autour de son mari.

À partir de 2012, la relation entre Jeannette Kagame et le Dr Gasakure se détériore, principalement parce qu’il ne pouvait pas accepter la montée de la corruption de celle ci. En particulier, il n’accepte pas la corruption dans le secteur de la santé, sous la nouvelle direction de la meilleure amie et complice de Mme Kagame, le Dr Agnès Binagwaho. Dr Binagwaho était le médecin des enfants des Kagame et Jeannette Kagame l’avait placée en tant que ministre de la Santé en 2011. Gasakure a peu de respect pour Binagwaho, qu’il connait brutale, ambitieuse, impitoyable et dangereuse, et avec des compétences médicales limitées. Il avait souvent du corriger ses erreurs médicales avec les enfants de Kagame.

Il était également très préoccupé de la destruction rapide de ce que lui et ses amis avaient construit dans le secteur de la santé entre 1994 et 2011, en particulier ses efforts à transformer la faculté de medicine et les écoles d’infirmiers. Afin de faire progresser sa carrière internationale en effet, Dr Binagwaho, avec l’aide de la Fondation Clinton avait remplace la formation des jeunes rwandais par celle de jeunes Américains inexpérimentés, venus au Rwanda en tant que «touristes humanitaires» pour acquérir de l’expérience sur des patients rwandais.

Gasakure était également devenu désenchanté de la corruption du régime, à commencer par l’appétit financier de plus en plus vorace de Jeannette Kagame, et l’expansion des affaires louches de Kagame au Rwanda et à l’étranger. Gasakure avait vu la corruption s’accélérer depuis 2010. En particulier, il s’opposait a la corruption utilisant l’argent du SIDA, du Fonds mondial et de la Fondation Clinton. Imbuto, la fondation de la première dame siphonne en effet l’argent de l’aide avec la complicité de Binagwaho. Dr Binagwaho est également connue par tous les chercheurs qui travaillent sur la santé au Rwanda pour imposer l’inclusion de son nom dans leurs publications, construisant ainsi une réputation académique fantoche. Elle vend ainsi son influence et sa position pour des gains personnels par exemple en donnant un accès exclusif aux données rwandaises à Harvard en échange d’un poste universitaire là-bas et un manteau de protection de la reconnaissance internationale pour couvrir sa corruption. En échange, la Fondation Clinton internationale prend le crédit pour le travail et le succès de Gasakure et autres Rwandais.

Binagwaho et Gasakure se détestaient. Gasakure voyait Binagwaho prendre le crédit international pour le travail de ses prédécesseurs alors qu’en même temps, elle détruisait tout ce qu’ils avaient travaillé si dur à construire dans le pays, y compris les mutuelles de sante. Gasakure entrait directement en conflit avec Binagwaho a propos de son incompétence et de sa corruption. Il s’opposait également de plus en plus ouvertement a la corruption du secteur de la santé en particulier l’utilisation des fonds de la Fondation Clinton et de l’argent du Fonds mondial mais aussi des médicaments, du paiement des salaires et les fonds des mutuelles de santé.

L’intégrité et la sincérité de Gasakure sont devenus une menace pour les forces d’argent et de pouvoir. À partir de 2011, Jeannette Kagame et Binagwaho montent progressivement une conspiration contre le médecin, avec le complice en corruption de Jeannette Kagame, James Musoni. Ils accusent le médecin de violer le secret médical et de révéler des secrets d’État. Un premier piège est monté en Septembre 2012 en Ouganda pour accuser le médecin d’avoir perdu des documents et un IPad. Des accusations d’alcoolisme et de laisser-aller sont murmurées dans les oreilles de Paul Kagame. Jeannette Kagame distille également des doutes sur la loyauté du médecin. Lorsque Paul Kagame demande l’avis de ses conseillers sur la question d’un troisième mandat, Gasakure suggère que Paul Kagame tienne sa parole et respecte la Constitution. Cela n’a pas été apprécié. À deux reprises, le médecin et la première dame entrent ensuite en conflit et le médecin pense être congédié. Mais par deux fois, Paul Kagame ne lui permet pas de quitter son service et le rappelle après quelques jours.

De plus en plus épuisé, le docteur tombe gravement malade en Juin 2014. La vie agitée et les demandes d’argent de ses filles déclenchent la maladie. Il perd beaucoup de poids, tousse et crache du sang constamment. Il ne dort plus, ne fait plus de sport. Il se demande si il a été empoisonné. Les examens médicaux et les tests à Kigali ne montrent rien. Il devient de plus en plus malade et peut à peine se tenir debout. Pendant les voyages officiels, il est couché dans sa chambre ou dans la voiture. Mais le président ne lui donne pas un jour de congé pour se reposer ou recevoir un traitement médical. Le 26 Octobre, à Londres, Paul Kagame renvoie Gasakure avec colère parce qu’il était trop lent à donner une réponse à une question et lui ordonne de retourner à Kigali et de l “attendre là-bas”. A Kigali, il est placé en résidence surveillée le 28 Octobre et interrogé par la police quotidiennement. Pendant les interrogatoires, il lui est demandé de produire certains documents médicaux spécifiques liés à la santé de Paul Kagame. Il ne trouve pas ces documents et se rendit compte qu’ils ont été volés dans le placard de sa chambre verrouillée de sa maison à Kigali et dans une sacoche qui était accessible seulement à quatre personnes de l’entourage le plus proche. La police demande des documents spécifiques à des dates précises. Gasakure se realize, que ses interrogateurs ont les documents et qu’il a été piégé. Les deux dames ont saisit l’occasion de sa maladie pour resserrer l’intrigue et ressusciter les accusations de violation du secret médical.

Il écrit alors une lettre à Paul Kagame, s’excusant pour “les erreurs du passé” et demandant un congé de maladie. Malgré les accusations fomentées par Jeannette Kagame, le congé de maladie a été finalement accordé après cinq mois d’agonie.

Gasakure arrive en Belgique le 20 Novembre et y reste jusqu’au 27 Décembre, sauf pendant une semaine ou il est allé à son ancien hôpital de Nancy, France. Là, les médecins ont diagnostiqué un l’épuisement extrême et une dépression nerveuse, un «burn-out». Les médecins ordonnent une cure de sommeil et l’isolement sensoriel, sans accès au téléphone ou a l’ Internet pour quelques jours. Le traitement fonctionne bien. Après cinq jours, les symptômes ont disparu et Gasakure s’améliore rapidement. Les médecins le mettent alors en garde contre le risque très élevé de récidive et prescrivent un traitement médical et un repos complet pendant six mois, de préférence pas au Rwanda.

La présidence refuse de lui accorder le repos et l’accuse de ne pas s’être présenté au travail pendant le temps où il était en cure de sommeil. Inès Mpambara, la chef de cabinet à la Présidence l’appelait non-stop. La présidence faisait pression, ainsi que l’Ambassade à Bruxelles, lui ordonnant de retourner à Kigali, malgré les conseils médicaux contraires.

Préoccupé par ses filles et en détresse financière, il retourne à Kigali le 27 Décembre 2014, contre l’avis de ses médecins. Il a complété t deux semaines de traitement médical, ne boit pas d’alcool, et recommence à dormir régulièrement. I est encore officiellement le médecin du président, et n’a pas la permission de prendre un autre emploi. Il envoie une seconde lettre a Paul Kagame pour demander un assistant et ne plus voyager du fait des raisons médicales. Il ne reçoit aucune réponse. Il demande un rendez-vous avec Paul Kagame, qui continue à être reporté. Il a un échange violent avec Mpambara et Binagwaho, qui se venge en maltraitant le fils de Gasakure, également un médecin. Vers la fin de Janvier 2015, il doit à nouveau faire face à de graves problèmes familiaux, sa fille étant battue par son mari. il tombe alors dans une rechute de burn-out. L’insomnie revient. Le 2 Février, il ne peut pas dormir parce que le bar à côté est très bruyant. Il y va pour leur demander d’arrêter le bruit et une bagarre éclate. Il est roué de coups par une foule. La police arrive. Le propriétaire du bar l’accuse d’avoir détruit son matériel de sonorisation dans le bar. Il contacte son avocat et commence à préparer sa défense.

Il est secrètement arrêté le 4 Février, envoyé en prison. Des «témoins», la plupart des “garçons de course” de Jeannette Kagame se présentent «spontanément» à la police pour accuser le médecin. Ils ramènent les accusations de divulgation de secrets médicaux. Ils disent que Gasakure a parlé en public de la santé du président et a critiqué le président. Une source fiable mentionne que Gasakure a probablement dit “le président a changé et sa femme est insupportable, ils sont ingrats.” Il est interrogé et torturé en prison pendant 3 semaines. DMI l’accuse de tout ce qu’ils peuvent imaginer: être un alcoolique, la divulgation de la localisation de Paul Kagame, violation de la confidentialité médicale, ne pas avoir contacté la présidence pendant la cure de sommeil, critique Paul Kagame et Jeannette Kagame, avoir parlé de partis politiques,, Être un agent du MI15, de la CIA et du Mossad et de transmettre des informations médicales et de sécurité sensibles, d’avoir préparé un complot visant à tuer le Président, d’avoir des amis Mzungu en Belgique, en France et aux États-Unis, être un ami du général Patrick Karegeya, du colonel Tom Byabagamba, de Innocent Nyaruhirira et de Charles Murigande, avoir contacté les RNC etc. Les Dames, Jeannette Kagame, et Mpambara et Binagwaho avaient probablement réalisé que l’accusation de violation du secret médical ne serait pas suffisante pour obtenir que Paul Kagame donne l’ordre de tuer le médecin. Donc, ils ont lancé une vaste filet pour l’attraper, tout pour obtenir l’ordre de Paul Kagame, de plus en plus paranoïaque et crédule, de donner la mort.

Dr Gasakure nie les accusations. “Qui êtes-vous pour remettre en question ma loyauté? Que savez-vous du secret médical? “Il demande un avocat, demande que sa famille soit informée de son emprisonnement. Vers la fin, il refuse de répondre à des questions “, ça y est. J’en ai marre. Je ne vais plus répondre à vos questions “. Le 20 Février, 2015, un acte officiel est envoyé aux fonctionnaires du gouvernement: le médecin est suspendu pour trois mois sans salaire pour «mauvaise conduite». Le 25 Février, il meurt en prison, exécuté par Jack Nziza et Guido Rutagengwa, au pistolet a bout portant. Le DMI avait conclu qu’il n’avait rien fait de mal, mais qu’ “il pourrait être un risque”.

Tous les Boy Scouts du Rwanda, les professionnels de la santé, les rescapés du génocide et la communauté internationale ont assisté à ses funérailles. Plus de 2000 personnes sont venues. Personne du gouvernement n’était présent. Paul Kagame n’a pas envoyé de représentant. Alors tout le monde a compris que Gasakure était la prochaine victime innocente. Paul Kagame l’avait tué.

Pendant 14 ans, Gasakure avait pris soin de Paul Kagame et de sa famille, jour et nuit. Quand jil est tombé malade, épuisé et en burn-out, ses ennemis ont réalisé qu’ils avaient une chance que leur conspiration soit un succès. Ils l’ont tué parce que il était faible et parce qu’ils le pouvaient. Ils l’ont tué parce qu’il s’opposait trop publiquement à la corruption de Jeannette Kagame et ses amis. Ils l’ont tué parce qu’il a suggéré a Paul Kagame de tenir sa parole et de respecter la Constitution et de ne pas briguer un troisième mandat. Ils ont pu le faire parce que Gasakure était affaibli par ses terribles problèmes familiaux.

Paul Kagame a utilisé Gasakure pendant 14 ans, l’appelant au milieu de la nuit presque tous les jours. Ce professeur de cardiologie était traité comme un domestique. Il lui était refusé le droit de se déplacer à un autre poste, où il aurait pui utiliser ses compétences pour le bien de tous les Rwandais et former plusieurs nouvelles générations de médecins rwandais. Lorsque Gasakure était malade et devenu inutile pour lui, Paul Kagame ne lui a même pas permis de prendre quelques jours pour dormir. Paul Kagame l’a jeté comme une serviette sale.

Il était parmi les meilleurs et les plus brillants fils du Rwanda. Paul Kagame l’a tué comme un chien malade. Il en savait trop.

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Témoignage sous anonymat pour raisons de sécurité

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