Ce que dépensent Katumbi et consorts pour le lobbying à Washington !

Un examen plus attentif des formulaires de divulgation de lobbying montre que Moïse Katumbi est loin d’être seul dans ces efforts pour attirer les faveurs de Washington, révèle le chercheurJason Stearns dans un article publié en août dernier dans le blog Congo Siasa. Il y a également des officiels, hommes politiques et opérateurs économiques congolais inscrits dans les archives du Foreign Agents Registration Act, (FARA) avec des montants déboursés au profit des lobbyistes.

Si les raisons du recours au lobbying auprès des États-Unis sont différentes, il existe un seul point de convergence : tous veulent influencer Washington. Ceux qui dépensent le plus recherchent soit un soutien politique, soit stratégique ou tout simplement de l’aide financière pour pouvoir atteindre leurs objectifs.

MCK, 350 000 USD

Société minière du Katanga (MCK), une société fondée par Moise Katumbi et maintenant gérée par son épouse Karyn, a initialement recouru à Akin, Gump, Strauss, Hauer & Feld en 2013 pour aider à sécuriser l’ouverture d’un consulat américain à Lubumbashi et de faire pression sur l’USAID pour envoyer du maïs au Katanga. Pour ces services, Katumbi a payé 350 000 $ pour la période d’un an.

Selon les archives de Foreign Agents Registration Act, la société n’a eu qu’une réunion pour MCKdans la seconde moitié de l’année 2013, affirme Congo Siasa. Ce fût avec le député Ed Royce, président de la commission des affaires étrangères la Chambre des représentants. Les autres réunions ont porté sur le processus électoral, précisément la présidentielle en RDC, commente la même source.

L’activité semble être intensifiée cette année. Le contrat avec Akin Gump et a apparemment été renouvelé, et les lobbyistes affirmeraient avoir eu 240 réunions, des courriels et des appels téléphoniques avec divers responsables sur les élections présidentielles. Des responsables américains l’ont confirmé à Jason Stearns qu’ « il est clair que MCK pousse à l’action des États-Unis pour garantir la sortie de Kabila en 2016. »

Jeannine Mabunda, 120 000 USD

KRL International travaille avec l’envoyé spécial du président congolais sur le recrutement des enfants et de la violence sexuelle, Jeannine Mabunda. Une partie de ce contrat est basée sur les relations publiques pour améliorer la réputation de la RD Congo sur les efforts entrepris en matières des violences sexuelles.

Le contrat de trois mois a expiré en septembre 2015. Il aura coûté aux contribuables congolais 40.000 $ par mois.

En 2009, révèle le chercheur, quand Jeanine Mabunda était Ministre du portefeuille, elle avait embauché le lobbyiste Crescent Consultants pour un an, pour un montant annuel de 290 000 $.

Gouvernement, 540 000 USD

Le parc Groupe Glover travaille pour une société congolaise appelée LN Communications qui, à son tour, travailler pour le gouvernement de la République Démocratique du Congo. Les termes du contrat signé le 3 mars 2015 par Ndaywel Fay stipulent que Glover Parc aidera le gouvernement congolais dans ses relations commerciales avec le gouvernement des États-Unis d’Amérique pendant un an, à compter du 1er Avril 2015. En contrepartie, le gouvernement congolais à consenti de payer 540 000 USD.

L’on signale également de nombreux autres contrats de lobbying pour le gouvernement congolais dont celui de Washington Group mondial qui semble avoir vu le bénéficiaire des services d’influence payer 500 000 $ chaque année entre 1999 et 2003.

Vue de la Maison-Blanche, la résidence officielle et le bureau du Président des États-Unis. Ph. Tiers

Il y a d’autres congolais qui ont aussi embauché des lobbyistes de Washington DC par le passé. La liste des bénéficiaires d’influence reprend les noms des trois candidats à la l’élection présidentielle passée. Il s’agit notamment de : Jean-Paul Moka, Nzanga Mobutu et Oscar Kashala. Dans le lot d’entreprises privées, l’on cite également le groupe appartenant à Dan Gertler.

Nombreux sont ces analystes et observateurs qui s’interrogent sur l’efficacité du lobbying exercé sur Washington DC par les congolais qui embauchent des lobbyistes. Et surtout lorsqu’on sait que le gouvernement des Etats-Unis a sa politique diplomatique bien définie. Faudrait-il vraiment continuer à payer des factures salées ?

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