Pour mieux comprendre la situation politique en République démocratique du Congo, Benjamin Litsani Choukran, fondateur de Direct.cd, va animer une rubrique spéciale “Pouritique pour les Nuls”. En des termes simples, dénués de “jargons” journalistes et politiques, il vous explique les événements de manière claire et simple.

Moïse Katumbi peut se présenter à la présidentielle de 2016 si et seulement si…

L’hécatombe est tombée en début de semaine: Moïse Katumbi Chapwe, richissime gouverneur de l’ex-province du Katanga, a claqué la porte de la Majorité Présidentielle où il était donné partant depuis belle lurette. Dans les rues de Kinshasa, cet homme d’affaires de 48 ans, très populaire, est présenté comme l’un des plus sérieux challengers du président Joseph Kabila. Va-t-il saisir l’occasion? Est-il “éligible”. Voici les réponses.

« D’origine Juif », donc inéligible ?

La loi électorale votée dans un climat tendu en janvier dernier avait en son sein un sujet polémique. D’après les “bruits de couloir”, il semblerait que la camp présidentiel ait inclut une clause rendant inéligible un probable candidature de président du TP Mazembe à la magistrature suprême.

Métis, né en République démocratique du Congo, mais des parents “juifs”, Moïse Katumbi ne pourrait donc pas se présenter; puis que, d’après toujours ces bruits de couloir, la nouvelle loi électorale concoctée par les Kabilistes le lui interdirait.

Que dit exactement la loi électorale

Dans son article 9, la loi électorale ne fait toutefois pas allusion aux “origines” du candidat président de la République.

Nul n’est éligible s’il ne remplit les conditions suivantes :

  1. être de nationalité congolaise ;
  2. avoir l’âge requis à la date de clôture de dépôt de candidature ;
  3. jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
  4. ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévu par la présente loi ;
  5. avoir la qualité d’électeur ou se faire identifier et enrôler lors du dépôt de sa candidature.
  6. avoir un niveau d’études requis ou justifier d’une expérience professionnelle avérée dans l’un des domaines suivants : politique, administratif, économique ou socio-culturel.

Tout Congolais de l’un ou l’autre sexe peut présenter sa candidature sous réserve des dispositions spécifiques pour chaque élection et de celles d’inéligibilité prévues à l’article 10 ci- dessous.

Il est clair qu’à la lecture des textes ci-haut que Moîse Katumbi reste totalement éligible.

Tout fois, le dernier paragraphe qui renvoie à l’article 10 de la même loi risque de lui être fatal.

En effet, dans analysant l’article 10 (que vous pouvez lire ci-dessous), on peut bien se rendre compte qu’un grand danger bloquerait la candidature du nouvel opposant à Kabila.

Celui-ci stipule, dans son point 3, que “les personnes condamnées par un jugement irrévocable du chef de viol, d’exploitation illégale des ressources naturelles, de corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, de torture, de banqueroute et les faillis” sont inéligibles.

 Article 10 : Sans préjudice des textes particuliers, sont inéligibles: 1. les personnes privées de leurs droits civils et politiques;
2. les personnes condamnées par un jugement irrévocable pour crimes de guerre, crimes de génocide et crimes contre l’humanité ;;
3. les personnes condamnées par un jugement irrévocable du chef de viol, d’exploitation illégale des ressources naturelles, de corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, de torture, de banqueroute et les faillis;
4. les personnes frappées d’une incapacité mentale médicalement prouvée au cours des cinq dernières années précédant les élections;
5. les fonctionnaires et agents de l’Administration publique ne justifiant pas, à la date limite du dépôt des candidatures, de leur demande de mise en disponibilité;
6. les mandataires actifs dans les établissements publics ou entreprises publiques ne justifiant pas, à la date limite du dépôt des candidatures, du dépôt de leur lettre de démission;
7. les magistrats qui n’auront pas donné la preuve, à la date limite du dépôt des candidatures, du dépôt de leur lettre de demande de mise en disponibilité;
8. les membres des Forces Armées et de la Police nationale congolaise qui n’auront pas donné la preuve, à la date limite du dépôt des candidatures, de leur démission acceptée ou de leur mise à la retraite;
9. les membres du Conseil économique et social, du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, de la Cour des comptes, de la Commission électorale nationale indépendante à
tous les niveaux, y compris le personnel.
Dans l’application des dispositions du présent article, la date limite du dépôt des candidatures est prise en considération.

Toute personne suivant de près l’actualité polique de la République démocratique du Congo ne saura oublié qu’en Juin dernier le président Joseph Kabila avait déposé une plainte contre la corruption où Moïse Katumbi était clairement cité.

De plus, l’ex-gouverneur du Katanga, une province réputée pour ses ressources “naturelles”, est plusieurs fois citées dans des dossiers miniers.

S’il venait à être condmané par la justice congolaise, qui est largement manipulée par le pouvoir en place, Moïse Katumbi se verait tout naturellement radié de la course à la présidence de la République.

A la lecture des énvéments, une telle hypothèse n’est vraiment pas à écarter.

Wait and See.

La Pouritique pour les nuls
Avec Litsani Choukran,
Direct.cd